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Présentation

  • : Le blog de l'Amicale des Anciens de la Légion Etrangère d'Indre-et-Loire
  • : Ce blog présente toutes les activités de l'Amicale. Vous êtes invités à transmettre vos textes et photos pour enrichir ce blog soit en contactant le Président soit en écrivant à zeraldavert@gmail.com
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Profil

  • AALE 37
  • Pierre LORAILLER 
- Ancien Caporal au 1er R E P et de la Police Militaire à SIDI BEL ABBES 
- Président de l’AALE d’Indre et Loire depuis le 01/01/2003 
- Délégué AALP Région Centre.
  • Pierre LORAILLER - Ancien Caporal au 1er R E P et de la Police Militaire à SIDI BEL ABBES - Président de l’AALE d’Indre et Loire depuis le 01/01/2003 - Délégué AALP Région Centre.

A.A.L.E. 37

Buts : Entretenir et développer les sentiments de camaraderie et de solidarité qui caractérisent la Légion Etrangère.

Pérenniser le souvenir du Combat de Camerone.

 

Président :

LORAILLER Pierre

Mail : zeraldavert@gmail.com

 

Composition du bureau directeur :

1er Vice-Président : SCHULLER Pierre

2e Vice-Président : Colonel FUSALBA Thierry

Secrétaire et Trésorière : THERET Nadine

 

Président d’Honneur : Général de Brigade (2S) BREUILLE Eric (Ancien Chef de Corps du 1er REG)

 

Administrateurs :  

LEBIGRE Yannick

THERMEAU Jean-Claude

 

Contrôleur aux Comptes :

BERGEOT Dominique

 

Porte-drapeaux :

BENYAHIA Hikmat

GAUTIER Dominique

 

Recherche

Musique

9 mars 2014 7 09 /03 /mars /2014 17:55

Le samedi 8 mars 2014, la médaille d'argent de la FNCV a été remise par Max FLANQUART, le Trésorier Fédéral de la FNCV, à Pierre LORAILLER, le Président de l'AALE 37 et membre de la FNCV.

Remise de la médaille d'argent de la FNCV au Président de l'AALE 37
Remise de la médaille d'argent de la FNCV au Président de l'AALE 37
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9 mars 2014 7 09 /03 /mars /2014 16:08
INVITATION A LA CEREMONIE DE CAMERONE  DU SAMEDI 26 AVRIL 2014 A RICHELIEU
INVITATION A LA CEREMONIE DE CAMERONE  DU SAMEDI 26 AVRIL 2014 A RICHELIEU
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7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 18:48

Mars 1954 : le général Vo Nguyen Giap lance ses premières vagues d’assaut sur Diên-Biên-Phu.

 

3 mars : deux compagnies du 1er B.E.P. partent en reconnaissance sur la cote 781, au sud-ouest du camp retranché, dominant le terrain d’aviation.

5 mars : sur instructions du colonel de Castries, une opération est lancée avec le 1er B.E.P. sur la cote 781 pour trouver un canon, auteur de tirs contre la piste, qui semble narguer le dispositif défensif du camp retranché. Pendant que la compagnie Verguet s’installe en recueil, le capitaine Cabiro s’efforce d’arriver au sommet. Déclenchées par le D.L.O., les salves de 155 s’abattent à courte distance. Les tirs s’allongent pour remonter vers le sommet. Maintenant, il faut y aller. La 4e compagnie arrive à mi-pente quand soudain, devant elle, tout s’embrase sous les tirs d’obus, les rafales, les grenades. Les Viets se dévoilent. Ils occupent des blockhaus indécelables à quelques mètres et font feu de toutes leurs armes. Des grenades sont lancées par des mains expertes. Des légionnaires et des volontaires tombent. Une fois de plus, c’est le corps à corps. Le sous-lieutenant Boisbouvier, ensanglanté entraîne ses légionnaires. Le capitaine Cabiro est grièvement blessé aux jambes ; il s’affaiblit très vite. Son adjoint, le lieutenant Bertrand prend le commandement pendant que la bataille se poursuit avec violence. L’adjudant Martin de la 4e compagnie tire son patron à l’abri.

  • 4 légionnaires sont tués, 28 blessés dont le capitaine Cabiro et le sous-lieutenant Boisbouvier.

11 mars : le G.A.P.2 tente une dernière reconnaissance en force sur la cote 555, à 3 kilomètres seulement du P.C. G.O.N.O. Deux compagnies du 1er B.E.P., escortées par des chars Chaffee, partent reconnaître des positions Viets un peu à l’est du P.A. Béatrice. La 2e engage tout de go le combat, soutenue par la 1ère. Mêlée furieuse. Les Viets perdent du monde, décrochent et réagissent par des tirs de mortiers implantés plus en arrière. Le groupement n’arrive même pas à entamer la principale position ennemie. Les légionnaires se replient à leur tour, sur ordre.

  • La sortie coûte 3 tués et une quinzaine de blessés dont le lieutenant Molinier, patron de la C.E.P.M.L., marchant en D.L.O. Le lieutenant Paul Turcy lui succède.

  • Désormais, toutes les positions de Diên-Biên-Phu sont à portée des mortiers Viets.

12 mars : ‘’Messieurs, c’est pour demain 17 heures’’. Ces simples mots du colonel de Castries au rapport du jour ouvrent les portes de l’enfer à la garnison.

13 mars : le général Vo Nguyen Giap lance son offensive générale sur Diên-Biên-Phu à 17 heures. Le P.A. Béatrice chute ; la couverture nord-est saute.

  • La garnison compte 12 000 hommes parmi lesquels près de 5 000 sont des légionnaires.

  • Le 3e R.E.I. est représenté par son chef de corps, le colonel André Lalande, la compagnie de commandement, la compagnie de mortiers lourds et le 3e bataillon.

  • L’organisation du camp comprend une position centrale avec cinq centres de résistance, Claudine, Huguette, Anne-Marie, Dominique et Eliane, deux centres de résistance avancés au nord et au nord-est Gabrielle et Béatrice, un centre de résistance au sud Isabelle.

  • Une réserve de trois bataillons est à la disposition du chef de la défense.

  • Le corps de bataille du Vietminh est fort de trente trois bataillons dont six sont prêts à intervenir pour barrer le passage à toute force qui viendrait au secours de la garnison assiégée.

  • A 17 heures, une avalanche de feu chamboule le paysage de la cuvette, la transformant en un invraisemblable terrain vague. Des avions essaient de quitter la piste en catastrophe.

  • Les batteries du Vietminh, solidement camouflées et enterrées, -obusiers de 105, mortiers de 120 et canons de 75- déciment les servants français des 105 et 120, mal protégés.

  • L’artillerie de la division 351 concentre son tir sur Béatrice tenu par le III/13e D.B.L.E. et le P.C. régimentaire du lieutenant-colonel Jules Gaucher, un des rares avec le chef de bataillon Charles Chenel, commandant le 2e Bataillon Thaï sur Dominique 3, à bien connaître la cuvette où ils avaient livré combat contre les Japonais lors du repli sur la Chine en 1945. Sous les coups des obus à fusées de retardement, les abris s’effondrent, les tranchées sont bouleversées.

  • Vers 18 heures, le commandant du III/13e, responsable du P.A. Béatrice, le chef de bataillon Paul Pégot, est tué avec ses adjoints, le capitaine Vincent Pardi et les lieutenants André Carrière, Georges Jego, André Lemoine et Joseph Pungier, par un obus de 105 qui s’écrase sur son P.C.

  • A 18 heures 15, les vagues d’assaut de la division 312 abordent les défenses extérieures de Béatrice.450 légionnaires luttent à un contre dix ; ils sont submergés.

  • A 19 heures 50, le P.C. du chef de corps de la 13e D.B.L.E. est touché de plein fouet : le lieutenant-colonel Jules Gaucher, commandant la 13e D.B.L.E., et les lieutenants Jean Bailly et Guy Revel de Bretteville sont tués. Les chefs de bataillon Martineli et Vadot sont blessés. La défense de Béatrice est décapitée.

  • A la tombée de la nuit, l’ennemi lance la valeur de deux régiments à l’assaut de Béatrice, par vagues successives.

  • Un peu avant minuit, malgré une résistance désespérée, tout est terminé.

  • Vers 2 heures du matin, Béatrice est totalement submergée ; quelques légionnaires seulement regagnent la vallée où la Nam-youn charrie de nombreux cadavres.

Au cours de la nuit du 13 mars, le 1er B.E.P., harcelé par les mortiers, a 2 tués et un blessé. Le sergent Robert Maillar de la C.E.P.M.L. est décapité.

14 mars : la C.E.P.M.L. est relevée par la 1ère C.M.M.L.E. et va s’installer en position de batterie sur Eliane. Les mortiers du lieutenant Bergot tirent à boulets rouges et soulagent considérablement les défenseurs des points d’appui.Maisles pertes du 1er B.E.P. sont multipliées par trois. A la C.E.P.M.L., c’est encore plus grave. Ses emplacements sont les cibles favorites de l’artillerie Viet. Trois pièces de 120 mm de la section du lieutenant Erwan Bergot sont détruites dans leurs alvéoles : 12 tués et 8 blessés. Les pièces ne seront remplacées que le 3 avril.

Au cours de la nuit du 14 mars, les Viets attaquent le P.A. Gabrielle qui tombe.

  • Les divisions 308 et 312 lancent trois TD contre le P.A. Gabrielle, tenu par un B.T.A. Les tirsd’arrêt de l’artillerie bloquent l’assaut, repris à 3H30.

  • Au lever du jour, la résistance est désespérée.

15 mars : une contre-attaque est improvisée avec le bawouan, le 5e B.P.V.N., largué en renfort la veille, et deux compagnies du 1er B.E.P., appuyée par les chars M24.Lorsqu’elle atteint le gué de Ban-Khé-Phat, un violent tir d’artillerie fauche les légionnaires parachutistes.Lorsque les rescapés de la 3e compagnie du 1er B.E.P. et du 5e B.P.V.N. arrivent au pied de ce qui reste de Gabrielle, le spectacle est hallucinant avec des cadavres innombrables accrochés aux barbelés. Le capitaine Martin et son adjoint, rejoints par le commandant Guiraud, essaient de regrouper les hommes : à peine une centaine. Comment donner l’assaut dans de telles conditions ? Le repli s’effectue en plein jour. L’opération démarrée trop tard, à 7H30, se solde par un échec permettant seulement de recueillir une centaine de tirailleurs rescapés de Gabrielle. Les 800 tirailleurs algériens du commandant Mecquenen sont quasiment anéantis sur le P.A.

  • Pour le 1er B.E.P., 8 tués, 13 blessés évacués, 25 autres qui refusent de l’être ; parmi eux, le commandant Guiraud, le lieutenant Domingo revenu à D.B.P. pour succéder au capitaine Cabiro et le lieutenant de Touchet, chef de la 3e section à la compagnie du capitaine Martin.

  • Grièvement blessé à la tête, le caporal Parsat est découvert par les Viets qui le déposent près d’autres blessés ; sans le moindre soin, sans eau ; il s’éloigne en rampant ; il est recueilli par des légionnaires du 2e R.E.I. le 17 ; en rampant, il a parcouru 4 km ; soigné, il est évacué sur Hanoï.

  • Les Viets ont laissé 1 500 morts sur le terrain et des milliers de blessés : c’est le prix qu’ils ont payé pour la conquête des deux centres de résistance situés à l’extrémité nord de la cuvette.

  • Pour la 13e D.B.L.E., le bilan est lourd. 330 officiers, sous-officiers et légionnaires sont tués, disparus ou prisonniers. Le 3e bataillon ne compte plus que deux officiers, 192 gradés et légionnaires. A la tête de cette prestigieuse formation, le lieutenant-colonel Gaucher est tombé.

  • Pour les survivants, la lutte continue sous les ordres de leur nouveau chef, le lieutenant-colonel Lemeunier, qui va volontairement prendre la tête de la demi-brigade en pleine bataille.

Au cours de la nuit du 15 mars, le lieutenant Paul Turcy, commandant la C.E.P.M.L. du 1er B.E.P., est mortellement blessé à son P.C. près de ses piècs de mortier de 120.

16 mars : le général Giap vient de marquer des points. A Hanoï, on accuse le coup. En revanche, à Diên-Biên-Phu, le moral ne vacille pas, conforté par le largage du 6e B.P.C. de Marcel Bigeard.

  • Il ne reste plus que la D.Z. Sud d’utilisable. Les posés de ravitaillement sont arrêtés et seules quelques évacuations sanitaires de nuit sont autorisées.

  • Parachuté le 16, le lieutenant Jean Singland prend le commandement de la C.E.P.M.L.

17 mars : la démoralisation atteint toutefois le 3e bataillon Thaï sur le P.A. Anne-Marie ; deux compagnies, paniquées sur un tir d’artillerie, quittent leurs postes. Les tirailleurs Thaïs rentrent chez eux. Les Viets pénètrent allègrement l’arme à la bretelle dans le P.A. Les partisans Thaïs restés fidèles sont envoyés sur le P.A. Isabelle dont la liaison devient chaque jour plus difficile.

  • Deux compagnies du 1er B.E.P., avec des chars, dégagent la route vers Isabelle.

19 mars : le lieutenant-colonel Maurice Lemeunier, nouveau patron de la 13e D.B.L.E., saute sur Diên-Biên-Phu.

Du 19 au 27 mars, chaque nuit, des tentatives d’évacuations sanitaires ont lieu ; huit réussissent permettant l’évacuation de 250 blessés.

21 mars : une compagnie du 1er B.E.P. intervient une nouvelle fois pour Isabelle.

22 mars : le 1er B.E.P. au complet est engagé avec des chars face au régiment 57 ; l’ennemi est là dans des tranchées profondes, des postes de combat individuels, des emplacements d’armes automatiques. La 2e compagnie lance l’assaut frontal pour déloger les bo-doïs de leurs retranchements. Les cadavres Viets sont difficiles à dénombrer. Le bataillon ramène 8 prisonniers et un bon lot d’armement dont 4 F.M. et 2 mortiers. Mais les séquelles sont coûteuses. Neuf tués dont 3 officiers, 3 sous-officiers et 3 légionnaires : parmi eux, le lieutenant André Lecocq, venu de la C.C.S. pour commander la 2e compagnie pour remplacer Michel Brandon (qui sera parachuté dans 48 heures), le lieutenant André Bertrand, commandant la 4e compagnie, en relève du capitaine Bernard Cabiro, et le lieutenant Rémy Raynaud

  • La route vers Isabelle reste ouverte. Les paras doivent détruire les organisations Viets autour des P.A. Chaque nuit, des milliers de coolies creusent. Les boyaux Viets encerclent les P.A.

26 mars : le colonel Pierre Langlais emploie une bonne part de sa force de frappe pour dégager Huguette 6, à 500 mètres de l’extrémité de la piste d’aviation. La compagnie du capitaine Louis Martin accompagne le 8e B.P.C. et le 5e B.P.V.N. Lors du repli, la mission accomplie, des obus tombent sur les paras. Le sergent Ferrai et le lieutenant Desmaizières, l’adjoint du capitaine Louis Martin, sont grièvement blessés.

Dans la nuit du 26 au 27 mars, le capitaine Bourgereau pose son Dakota, charge 19 blessés dont le lieutenant Desmaizières, et reprend l’air sous les obus de mortier.

  • Dans le dernier Dakota qui ne repartira pas, se trouve une jeune convoyeuse de l’Air, Geneviève de Galard, l’Ange de Diên-Biên-Phu, qui se dépensera sans compter comme infirmière.

28 mars : le Groupement commandé par le chef de bataillon Marcel Bigeard, dans lequel opère le 1er B.E.P., détruit le régiment 56 ; mais cette opération coûte cher et elle demeure, malheureusement unique.

30 mars : Giap lance l’attaque sur les cinq collines qui constituent le rempart du réduit central face à l’Est : Dominique 1 & 2, Eliane 1, 4 & 2.

  • La pluie tombe sur la vallée ; les reconnaissances et les largages sont suspendus. Le colonel de Castries a réaménagé son ordre de bataille ; le 1er B.E.P. tient maintenant Claudine 6 rebaptisée Junon, à l’exception de la compagnie Luciani, qui renforce Eliane 2.

  • Toutes les forces Vietminh sont maintenant concentrées autour de Diên-Biên-Phu.

  • A 18 heures, l’artillerie Viet pilonne Dominique, Eliane et Huguette.

  • Les vagues d’assaut progressent derrière un barrage roulant. Dans la nuit, les troupes parviennent au contact des positions françaises.

  • Dès la nuit tombée, la division 312 déferle sur Dominique et la division 316 sur Eliane.

  • Sur Dominique, le III/3e R.T.A. se désagrège.

  • Sur Eliane, le I/4e R.T.M. tient mieux, soutenu par le 6e B.P.C. et les compagnies du lieutenant Jean Luciani et du capitaine Louis Martin du 1er B.E.P. Les tirailleurs marocains, un moment désemparés, se ressaisissent. Les compagnies de légionnaires, réduites à leur plus simple expression, sont partout et contre-attaquent sans cesse. Sur Eliane 2, Luciani tient toujours malgré l’acharnement du régiment 98.

  • Blessé le lieutenant Jean Singland, commandant la C.E.P.M.L. du 1er B.E.P., doit passer le relais au lieutenant Erwan Bergot.

  • Bien que tenus en réserve, les éléments de la 13e D.B.L.E. renforcent les points d’appui les plus menacés. Par six fois, certaines positions changent de mains durant la nuit.

A l’aube du 31 mars, des monceaux de cadavres Viets gisent partout. Mais Dominique 1 & 2 et Eliane 1 sont tombés. Le 1er B.E.P. compte une bonne centaine de blessés ainsi que 16 tués ou disparus. Pendant cent sept heures, les légionnaires du 1er B.E.P. et du I/13e D.B.L.E., des Marocains et des parachutistes du 6e B.P.C. contiennent les assauts furieux de la division 316.

 

Bailly Jean, né le 31.05.1922 à Savigny en Sancerre dans le Cher ; lieutenant légionnaire de la 13e D.B.L.E. sur Béatrice à Diên-Biên-Phu ; tué par l’artillerie vietminh le 13.03.1954.

 

Bergot Erwan, né le 27.01.1930 à Bordeaux en Gironde ; en 1950, il sort de l’école des sous-officiers de Saint-Maixent avec le grade d’aspirant ; affecté au 11e Choc ; en 1951, il est volontaire pour l’Indochine comme O.R.S.A. ; affecté au 22e R.I.C. à Bien Hoa, puis au 6e B.P.C. ; il saute dans la cuvette de Tu-Lé ; le 30.03.1954, chef de section à la C.E.P.M.L., il prend le commandement de la compagnie de mortiers lourds du 1er B.E.P. à Diên-Biên-Phu ; fait prisonnier, il tente de s’évader ; rescapé, il est rapatrié en 1955 ; il est rappelé pour servir en Algérie au 47e B.I. En 1957, il est admis dans l’armée d’active ; capitaine parachutiste, il sert au 2e R.E.P. puis au 11e Choc au Service Action chargé d’opérations aux frontières ; à la tête d’une section de la C.P. du 2e R.E.P., grièvement blessé lors d’un accrochage dans le Constantinois le 22.11.1961, il est rapatrié en Métropole ; en 1962, il devient le premier rédacteur en chef du magazine de l’Armée de Terre ; trois fois blessé au combat, avec sept citations, il est officier de la Légion d’Honneur ; chef de bataillon, il est rendu à la vie civile en 1965 ; il fait une brillante carrière d’écrivain ; membre du Club des C.S.P.F. Décédé le 01.05.1993 à Paris.

 

Bertrand André, né le 23.10.1925 à Vauziers dans les Ardennes ; jeune lieutenant légionnaire parachutiste à la 4e compagnie du 1er B.E.P. à Diên-Biên-Phu ; à sa blessure le 05.03.1954, le capitaine Cabiro lui passe le commandement de la compagnie. Tué au combat le 22.03.1954.

 

Boisbouvier, sous-lieutenant légionnaire parachutiste à la 4e compagnie du 1er B.E.P. à Diên-Biên-Phu ; blessé le 05.03.1954 : il ne veut pas se faire évacuer.

 

Bourgereau, capitaine de l’Armée de l’Air ; pilote du dernier Dakota à décoller de Diên-Biên-Phu avec 19 blessés, en prenant tous les risques le 27.03.1954.

 

Brandon Michel, né le 15.05.1921 à Aix-en-Othe dans l’Aube ; il s’engage le 19.02.1941 au 1er R.I. ; sous-lieutenant des F.F.I. de l’Yonne le 09.08.1944 ; chef de section à le 4e D.B.L.E. en 1947 ; affecté à la 13e D.B.L.E. d’octobre 1947 à novembre 1949, en Indochine ; affecté au 6e R.E.I. en Tunisie puis au 3e B.E.P. à Sétif ; lieutenant, affecté au 1er B.E.P. en Indochine de septembre 1952 à septembre 1954 ; commandant la 2e compagnie, il saute sur Diên-Biên-Phu le 21.11.1953 : un des héros de Diên-Biên-Phu ; blessé le 12 .01.1954 ; blessé le 17.04.1954 ; fin avril, promu capitaine à titre exceptionnel, les 2e et 3e compagnies sont regroupées derrière lui ; fait prisonnier, il fait partie des marcheurs ; officier de la Légion d’Honneur ; capitaine parachutiste, commandant la C.C.S. du 2e R.E.P. de décembre 1955 à juin 1958 ; adjoint opérationnel du G.C.P.R.G. en décembre 1960 ; pendant le putsch d’avril 1961, il reste sur le terrain à Bou-Caïd avec quatre commandos ; il quitte l’Algérie en juillet 1961 ; il rejoint l’O.A.S. ; arrêté en Allemagne le 13.04.1962 ; il effectue sa peine à la prison de Rouen dont il sort le 13.04.1964 ; il entre le 06.08.1964 dans le groupe Creusot-Loire ; titulaire des trois croix de guerre avec 13 citations dont une palme, il est promu Commandeur de la Légion d’Honneur et il reçoit la cravate le 06.06.2004 à Pau ; membre du Club des C.S.P.F. Décédé en novembre 2005.

 

de Bretteville voir Revel de Bretteville.

 

Cabiro Bernard, né le 07.08.1922 à Mont de Marsan dans les Landes ; à 20 ans, il traverse les Pyrénées et se retrouve au Maroc  au 8e R.T.M. avec lequel il participe à la campagne d’Italie; caporal-chef, Croix de Guerre 1939-1945 avec une citation ; blessé dans les Vosges ; aspirant ; il se fait activer, opte pour la Légion et part pour l’Indochine ; brillant officier parachutiste au 2e B.E.P. en Indochine ; commandant la 2e compagnie à compter de septembre 1949 ; il gagne sa rosette le 1er avril 1950 à Ba-Cun en Cochinchine avec une citation à l’ordre de l’armée ; lieutenant nommé officier de la Légion d’Honneur (un des 3 lieutenants ayant reçu la rosette) ; commandant la 4e compagnie du 1er B.E.P., il saute sur Diên-Biên-Phu le 21.11.1953 ; blessé le 05.03.1954, jambe droite cisaillée ; évacué sur Hanoï ; il s’en sort et sauve ses deux jambes ; chef de bataillon ; en 1958, il est affecté au 2e R.E.P. ; il reçoit la cravate de commandeur de la Légion d’Honneur à Sidi-Bel-Abbès au début de 1961 ; dans la nuit du 21 au 22 avril 1961, il se rallie au putsch et retrouve son régiment à Sétif au plein d’essence ; condamné le 03.07.1961 par le Haut Tribunal Militaire à un an de prison avec sursis ; il est rayé des cadres de l’armée ; vétéran des trois guerres avec les trois Croix et 18 citations et 5 blessures ; brillant écrivain de guerre ; membre du Club des C.S.P.F. Il est élevé à la dignité de Grand officier de la Légion d’honneur le 24.09.1978. Il aura l’insigne honneur de porter la main du capitaine Danjou, un 30 avril, sur la Voie sacrée à Aubagne. Décédé le 31.07.1993 à Mont de Marsan dans les Landes.

 

Carrière André, né le 13.10.1923 à Sathonay dans l’Ain ; lieutenant légionnaire du III/13e D.B.L.E. sur Béatrice à Diên-Biên-Phu ; tué par l’artillerie vietminh le 13.03.1954.

 

de Castries Christian de la Croix, né le 11.08.1902 à Paris ; il sort de l’Ecole de cavalerie de Saumur en 1926 ; très belle Guerre 1939-1945 ; à son troisième séjour en Indochine ; un des maréchaux du général de Lattre de Tassigny ; colonel puis nommé général le 16.04.1954 sur le champ de bataille ; commandant Diên-Biên-Phu du 03.12.1953 au 07.05.1954. Commandeur de la Légion d’Honneur ; Croix de Guerre 1939-1945 et Croix de Guerre des T.O.E. avec 20 citations ; il quitte l’armée en 1959 ; décédé le 29.07.1991 à Paris.

 

Chenel Charles, né le 30.08.1916 à Tarquimpol en Moselle ; saint-cyrien de la promotion 1937-1939 ; sous-lieutenant de la Légion Etrangère ; il quitte le 01.06.1941 Sidi-Bel-Abbès avec un détachement de légionnaires menacés vers le Tonkin ; il s’engage dans une aventure de six ans. Lieutenant, chef du poste de Tong Son La ; le 9 mars 1945, à Hanoï, véritable force de la nature, il réquisitionne pousse-pousse et vélo et rejoint son poste, à 300 kilomètres d’Hanoï ; prévenu par le lieutenant-colonel Marcelin que le régiment a décroché pour organiser la résistance, il commence son épopée. La chance va le servir à plusieurs reprises. Vers le 20 mars, chef de section courageux, il rejoint le I/5e R.E.I. et retrouve ses hommes partis avec le capitaine Gaucher. Au fil des jours, la situation évolue. Il prend le commandement d’une compagnie sur le terrain et gagne la Chine avec le gros du régiment. Il commande une section de volontaires parachutistes du 5e R.E.I. qui ne seront finalement pas brevetés. Chef de bataillon, commandant le 2e Bataillon Thaï sur la colline Dominique 3 à Diên-Biên-Phu, en avril 1954 ; commandant le III/5e R.E.I. à Tlemcen en 1957 ;lieutenant-colonel parachutiste, nommé commandant du 2e R.E.P. du 4 mai 1961 au 28 mai 1963 ; colonel le 01.10.1962 ; officier de la vieille Légion, légaliste. Le 2e R.E.P. s’installe à Bou-Sfer dans des conditions impossibles en septembre 1962 : le vieux soldat a sauvé le régiment, lui a gardé son âme de légionnaire. Chef de corps du 1e Régiment Etranger en 1966-1968 ; général de brigade en septembre 1969 : commandant la 2e B.P. ; général de division le 01.05.1975 ; mis en disponibilité le 01.03.1976 ; le 30.04.1986, il remonte la Voie sacrée en portant la main du capitaine Danjou. Commandeur de la Légion d’honneur, Grand Officier de l’Ordre National du Mérite ; Croix de Guerre 1939-1945, Croix de Guerre des T.O.E., Croix de la Valeur militaire avec 9 citations. Décédé le 17.05.1996.

 

Desmaizières Henri, engagé en 1942 chez les Sapeurs Pompiers de Paris ; cité pour bravoure, avec blessure, en 1945 ; admis à Coëtquidan en 1945 ; E.M.I.A. 1945-1947 ; promotion Indochine ; breveté parachutiste à Pau ; le 1.11.1948, il est affecté au 1er B.E.P. ; premier séjour en Indochine, deux fois cité ; en mars 1951, il est affecté à la 3e C.S.L.E., au Fezzan ; il repart en Indochine en janvier 1954 ; il rejoint le 1er B.E.P. à Diên-Biên-Phu ; adjoint au commandant de la 3e compagnie ; grièvement blessé à la face, le 26.03.1954, il est le dernier blessé évacué par le dernier avion, le 27 ; cité à l’ordre de l’armée ; chevalier de la Légion d’Honneur ; affecté à la 11e D.B.P.C. fin 1955, il effectue deux séjours en Algérie ; trois fois cité ; en 1958, il rejoint l’Etat-major de la 11e D.B.P.C. et les Services Spéciaux où il sert jusqu’en 1979. Colonel, Commandeur de la Légion d’Honneur ; Commandeur de l’Ordre National du Mérite ; Croix de guerre 1939-1945, T.O.E. et V.M. avec 7 citations ; trois fois blessé ; membre du Club des C.S.P.F. Décédé à Paris en novembre 2009.

 

Domingo, lieutenant légionnaire parachutiste, revenu à Diên-Biên-Phu avec une jambe traînante pour succéder au capitaine Cabiro, blessé le 05.03.1954, à la tête de la 4e compagnie du 1er B.E.P. ; fait prisonnier, il fait partie des marcheurs ; capitaine, commandant de la C.A. du 2e R.E.P. du 09.1956 au 06.1959.

 

Ferrai, sergent légionnaire parachutiste de la 3e compagnie du 1er B.E.P. ; grièvement blessés à Diên-Biên-Phu le 26.03.1954.

 

de Galard Geneviève, jeune convoyeuse de l’Air, bloquée à Diên-Biên-Phu le 17.03.1954, son dakota ne pouvant pas repartir ; en tant qu’infirmière, elle devient l’Ange de D.B.P.

 

Gaucher Jules, né le 12.09.1905 à Bourges dans le Cher : Saint-cyrien de la promotion Maréchal Gallieni 1927-1929 ; sous-lieutenant au 23e R .T.A. en 1929-1931 ; il rejoint la Légion Etrangère en 1931 ;capitaine, commandant le I/5e R.E.I., ancien de la retraite de Chine avec le 5e R.E.I. en 1945 : chef du bataillon de marche du 5e R.E.I. constitué en Chine en 1945-1946 ; chef de bataillon à la 4e D.B.L.E. en 1948 ; chef de corps du I/4e R.E.I. en 1951-1952 ; lieutenant-colonel légionnaire, chef de corps de la 13e D.B.L.E. à Diên-Biên-Phu au Tonkin : mort pour la France le 13.03.1954 quand son P.C. sur Béatrice saute.

 

Giap Vo Nguyen : né en 1911 : dirigeant communiste ; il dirige l’insurrection nationaliste au départ des Japonais en août 1945. Malgré les sévères pertes liées à l’opération Léa fin 1947, il relance dès le début de 1948 la guérilla dans le Sud Annam et la Cochinchine et il regroupe et renforce sa cohésion au Tonkin. En octobre 1950, général, il organise la gigantesque embuscade de la R.C. 4 entre Cao Bang et Langson. En 1951, il va être battu à Vinh Yen, Mao Khé, sur le Day et à Nghia Lo ; en février 1952, c’est la grande bataille de Hoa Binh, en novembre et décembre 1952 il est tenu en échec à Nasan. Il en tire les enseignements puis fin 1953-mai 1954, c’est la bataille de Diên-Biên-Phu. Car si ce général vietnamien a marqué l'histoire de son pays pendant 40 ans luttant successivement contre les japonais, les français et les américains... il fut aussi et surtout un chef militaire impitoyable sacrifiant ses hommes sans vergogne en cherchant à écraser par le nombre l'ennemi, comme à Diên-Biên-Phu en 1954, où la victoire n'est obtenue qu’après trois mois de combat et un effectif 10 fois supérieur en nombre ! Giap est le vainqueur incontestable de Diên- Biên-Phu (aidé par les généraux chinois, des erreurs stratégiques françaises et un abandon politique des soldats français) il est aussi et surtout le criminel de guerre qui organisa des camps de prisonniers qui furent le théâtre d'un programme d'extermination qui arriva jusqu'à 72% de taux de mortalité !!! Décédé au début d’octobre 2013 à l’âge de 102 ans.

 

 

 

Guiraud Maurice, né le 08.06.1915 à Mazamet dans le Tarn ; Saint-cyrien de la promotion ‘’Marne et Verdun’’ en 1937-1939 ; sous-lieutenant au 1er R.E.I. ; lieutenant puis capitaine au 1er R.C.P. en 1942-1945 ; il s’illustre dans les Vosges ; Croix de Guerre 19391945 avec trois palmes ; avec le 6e B.P.C. en Indochine en 1953 ; capitaine puis chef de bataillon légionnaire parachutiste, chef de corps du 1er B.E.P. du 10 avril 1953 au 17 mai 1954 ; commandant du 1er B.E.P. à Diên-Biên-Phu ; il saute sur le camp le 20.11.1953 ; blessé le 15.03.1954, il refuse de se faire évacuer ; blessé le 03.04.1954 ; fin avril, il prend le commandement d’un bataillon de marche après fusion des deux B.E.P. ; prisonnier ; Croix de Guerre des T.O.E. avec deux palmes ; adjoint du lieutenant-colonel Pierre Jeanpierre en 1957 pendant la Bataille d’Alger ; directeur de la division application à l’E.A.I. de Saint-Maixent ; lieutenant-colonel parachutiste, commandant le 1er R.E.P. du 12 décembre 1960 au 30 avril 1961 ; en permission en avril 1961 au moment du putsch ; officier parachutiste de facto légitimiste, il rentre de sa permission pour effectuer la dissolution du 1er R.E.P. Absent au moment des faits, il ne saurait être inculpé de quoi que soit ; il tiendra toutefois à se montrer solidaire des siens. Croix de la Valeur militaire avec deux citations ; Quatre fois blessé, sept fois cité. Il quitte volontairement les rangs de l’armée en 1962. Officier de la Légion d’Honneur. Décédé le 15.01.2009.

 

Jego Georges, né le 18.04.1926 à Nantes dans la Loire Atlantique ; lieutenant légionnaire du III/13e D.B.L.E. sur Béatrice à Diên-Biên-Phu ; tué par l’artillerie vietminh le 13.03.1954.

 

Lalande André, né le 26.05.1913 ; sorti de Saint-Cyr en 1933 avec la promotion du Tafilalet ; sous-lieutenant en 1939 ; il se bat avec ses chasseurs alpins du 6e R.C.A. à Narvik en Norvège en 1940 ; grièvement blessé le 22 mai, il est nommé chevalier de la Légion d’Honneur en juin 1940 ; il rejoint les F.F.L. ; il se bat avec la 13e D.B.L.E. à Bir-Hakeim puis à El-Alamein ; il se bat en Indochine avec le 3e R.E.I. et le G.M.6 ; il est à Diên-Biên-Phu sur le dernier centre de résistance d’Isabelle ; colonel au feu, commandant le 3e R.E.I. du 1er décembre 1953 au 6 septembre 1954 ; il est fait prisonnier par le Vietminh ; commandant un secteur de la zone de Tiaret de mai 1958 à octobre 1960 ; colonel commandant les forces terrestres à Bizerte en juillet 1961 ; nommé général en A.F.N., commandant la 1àre brigade d’intervention ; il commande la 11e D.P. en 1965-1966 ; C.E.M. particulier du Président Charles De Gaulle ; général de Corps d’Armée commandant la 5e R.M. de Lyon ; il se retire en 1973 ; Grand Officier de la Légion d’Honneur avec trois croix de guerre et 11 citations ; Compagnon de la Libération ; Grand Croix de l’O.N.M. ; décédé le 19.10.1995 à Brive-la-Gaillarde ; parrain de la promotion de l’E.S.M. Saint-Cyr 1996-1999.

 

Langlais Pierre, né le 02.12.1909 à Pontivy dans le Morbihan ; saint-cyrien de la promotion Bayard 1928-1930 ; campagnes de France, de Tunisie, d’Italie, des Vosges et d’Allemagne ; avec la 9e D.I.C. en Indochine ; lieutenant-colonel parachutiste pour son 3e séjour ; chef du G.A.P. 2, avec le 1er B.E.P., le 8e B.P.C. et le 5e B.P.V.N., il saute sur Diên-Biên-Phu le 20.11.1953 ; avec le 8e B.P.C., il rencontre le lieutenant-colonel Vaudrey, chef du détachement venu de Mung Koua au Laos, le 21.12.1953, au cours de l’opération Régate : le repli du camp retranché par cette voie est à exclure ; colonel, chef des parachutistes à Diên-Biên-Phu jusqu’au 07.05.1954 ; fait prisonnier ;affecté en Algérie en 1956, chef d’une brigade aéroportée puis chef de corps du 22e R.I.Ma. et commandant le secteur de Marnia en Oranie en 1957-1959 ; chef de corps du 7e R.P.I.Ma. à Dakar en 1960-1961 ; commandant en chef au Sénégal puis commandant la 20e B.A.P. à Pau ; général de division ; il prend sa retraite en 1968. Décédé le 17.07.1986 à Vannes.

 

Lecocq André, né le 20.11.1923 à Ausseldorf en Allemagne ; lieutenant légionnaire parachutiste au 1er B.E.P. en Indochine ; il vient de la C.C.S. à la 2e compagnie pour remplacer le lieutenant Brandon, blessé le 12.01.1954 ; tué au combat le 22.03.1954.

 

Lemeunier Maurice, né le 02.02.1906 ; engagé comme A.E.T. à Autun le 01.10.1919 ; sous-lieutenant le 01.10.1929 ; il entre dans la Légion Etrangère au 2e R.E.I. le 15.10.1934 ; lieutenant-colonel, nommé chef de corps de la 13e D.B.L.E. et venu volontairement prendre son poste en pleine bataille en sautant sur Diên-Biên-Phu le 19.03.1954 ; adjoint opérationnel du secteur autonome de Tébessa en 1956-1957 ; colonel, chef de corps du 4e R.E.I. du 1er avril 1957 au 14 mars 1959, commandant le secteur de Tébessa puis le secteur de Bir-el-Ater en 1957-1959 ; en charge des éclaireurs spéciaux, les harkis, en 1959. Il quitte le service actif le 02.02.1963 ; commandeur de la Légion d’Honneur ; décédé le 08.02.2000.

 

Lemoine André, né le 28.05.1927 à Paris dans la Seine ; lieutenant légionnaire du III/13e D.B.L.E. sur Béatrice à Diên-Biên-Phu ; tué par l’artillerie vietminh le 14.03.1954.

 

Luciani Jean, capitaine légionnaire parachutiste ; né le 17.10.1926 ; engagé à 18 ans le 01.09.1944 ; sergent en 1945 ; E.M.I.A. en 1945-1947 ; promotion Indochine ; B.P. en 1947 ; lieutenant au 2e R.E.I. en Indochine dès janvier 1949 ; cinq fois cité, Chevalier de la Légion d’Honneur le 21.05.1951 ; lieutenant au 1er B.E.P. pour son 2e séjour ; blessé à Diên-Biên-Phu le 12.01.1954 puis le 02.04.1954 ; blessé le 03.04.1954 ; capitaine à titre exceptionnel le 21.04.1954 ; le 1er mai, il reprend le commandement des 1e et 4e compagnies du 1er B.E.P. ; blessé sur Huguette 5 et fait prisonnier le 02.05.1954 ; il fait partie des marcheurs ; puis rapatrié avec les survivants, il ajoute à son palmarès trois nouvelles citations et la rosette de la Légion d’Honneur. Il est à nouveau cité deux fois en Algérie. Chef de bataillon en 1964, mis en disponibilité en janvier 1966, il pose le sac en 1968 ; pour Camerone 1975, il est promu Commandeur de la Légion d’Honneur ; membre du Club des C.S.P.F. Par décret du 21.04.2006, il est élevé à la dignité de Grand Officier de la Légion d’Honneur.

 

Maillart Albert, né le 18.06.1927 à Méru dans l’Oise ; sergent-chef légionnaire parachutiste à la C.E.P.M.L. du 1er B.E.P. à Diên-Biên-Phu ; tué au combat le 13.03.1954.

 

Martin Louis dit Loulou, ancien F.F.I. du maquis de Coat-Mallouen ; saint-cyrien de la promotion Veille au Drapeau ; capitaine parachutiste chef de la 3e compagnie du 1er B.E.P., il saute sur Diên-Biên-Phu le 21.11.1953 ; blessé le 12.01.1954 ; blessé le 03.04.1954 ; il contre-attaque sur Eliane I à Diên-Biên-Phu avec ses légionnaires, en chantant, dans la nuit du 10 au 11 avril 1954 ; blessé le 17.04.1954 sur le P.A. Huguette 1, après soins, il reprend la tête de sa compagnie ; commandant la 1ère compagnie du 1er R.E.P. de décembre 1955 à décembre 1957 ; opération Mousquetaire sur le canal de Suez, en novembre-décembre 1956 ; pendant la Bataille d’Alger, sa compagnie ne pratique pas les interrogatoires durs ; commandant la C.C.S. de décembre 1957 à juin 1958 ; capitaine instructeur au camp Jeanne d’Arc à Philippeville en 1958 ; Commandeur de la Légion d’Honneur en 1958 ; commandant au 1er R.E.P. ; mis aux arrêts de rigueur avec mutation immédiate le 08.01.1961 ; général commandant la garde du Président du Gabon, Bongo ; élevé à la dignité de Grand Officier de la Légion d’Honneur en 2005, il reçoit sa plaque le 14.07.2005 à Nice. Il aura l’insigne honneur de porter la main du capitaine Danjou, un 30 avril, à Aubagne. Membre du Club des C.S.P.F. Décédé le 19.09.2005.

 

Mecquenen, commandant, chef du Bataillon de Tirailleurs algériens anéanti sur le P.A. Gabrielle à Diên-Biên-Phu le 15.03.1954.

 

Molinier, lieutenant légionnaire parachutiste, chef de la C.E.P.M.L. – Compagnie étrangère parachutiste de mortiers lourds, rattachée au 1er B.E.P., créée le 01.09.1953 ; il saute sur Diên-Biên-Phu le 21.11.1953. Blessé deux fois le 11.03.1954, il passe le commandement au lieutenant Paul Turcy. Evacué le 12.03.1954.

 

Pardi Vincent, né le 25.01.1911 à Cavare en Corse ; capitaine, adjoint du chef du III/13e D.B.L.E. sur Béatrice à Diên-Biên-Phu ; tué par l’artillerie vietminh le 13.03.1954.

 

Parsat, caporal légionnaire parachutiste au 1er B.E.P. à Diên-Biên-Phu ; blessé le 15.03.1954 sur Gabrielle, isolé, il rampe sur 4 kilomètres pendant trois jours avant d’être récupéré par le 2e R.E.I.

 

Pégot Paul, né le 22.04.1903 à Aureilhan dans les Hautes Pyrénées ; chef de bataillon, commandant le III/13e D.B.L.E. sur Béatrice à Diên-Biên-Phu ; tué par l’artillerie vietminh le 13.03.1954.

 

Pungier Joseph, né le 23.07.1926 à Saint-Brieuc dans les Côtes du Nord ; lieutenant légionnaire du III/13e D.B.L.E. sur Béatrice à Diên-Biên-Phu ; tué par l’artillerie vietminh le 13.03.1954.

 

Raynaud Rémy, né le 26.05.1928 à Saint-Georges en Allier dans le Puy de Dôme : lieutenant légionnaire parachutiste du 1er B.E.P. en Indochine ; tué le 22.03.1954 à Diên-Biên-Phu.

 

Revel de Bretteville Guy, né le 20.03.1923 à Toulon dans le Var ; lieutenant légionnaire de la 13e D.B.L.E. sur Béatrice à Diên-Biên-Phu ; tué par l’artillerie vietminh le 13.03.1954.

 

Singland Jean, lieutenant légionnaire parachutiste, parachuté le 16.03.1954 à Diên-Biên-Phu pour prendre le commandement de la C.E.P.M.L. pour succéder au lieutenant Paul Turcy, tué le 15.03.1954 ; blessé le 30.03.1954, il doit passer le relais au lieutenant Erwan Bergot. ; O.R. du 14e R.C.P. en février 1958 en Algérie.

 

de Touchet, lieutenant légionnaire parachutiste, chef de la 3e section à la 3e compagnie du 1er B.E.P. à Diên-Biên-Phu ; blessé le 15.03.1954.

 

Turcy Paul, né le 25.11.1923 à Mazerolle dans l’Aube, lieutenant légionnaire parachutiste, chef de la C.E.P.M.L. -Compagnie étrangère parachutiste de mortiers lourds-, à Diên-Biên-Phu le 11.03.1954, après les blessures du lieutenant Molinier. Tué au combat le 15.03.1954.

 

Vadot Michel, n é le 04.09.1912 à Dijon en Côte d’Or ; Brution ; Saint-cyrien de la promotion De Bournazel 1932-11934 : il entre dans la Légion au 1er R.E.I. le 15.06.1938 : à Narvik avec la13e D.B.M.L.E. ; blessé, Croix de Guerre avec palme ; chevalier de la Légion d’Honneur ; capitaine, commandant le III/13e D.B.L.E. à compter du 01.04.1952 ; chef de bataillon le 01.04.1953 ; chef d’état-major de la 13e D.B.L.E. sur Béatrice à Diên-Biên-Phu, blessé le 13.03.1954 : prisonnier du Vietminh ; commandant l’état-major du 4e R.E.I. à Fès en 1955 ; lieutenant-colonel, adjoint au chef de corps du 4e R.E.I.; lors du putsch d’avril 1961, contre l’avis de son chef de corps, il maintient le 4e R.E.I. dans la légalité. Chef de corps du 4e R.E.I. du 1er mai 1961 au 29 avril 1962. Colonel, nommé le 28.06.1963 chef de corps du 1er Régiment Etranger à Aubagne jusqu’au 08.08.1966. Il commande le Prytanée militaire jusqu’au 04.09.1969 ; général de brigade ; il porte la main du capitaine Danjou sur la Voie sacrée le 30.04.1981 ; dix fois cité sur ses trois croix de guerre, deux fois blessé ; Grand Croix de la Légion d’Honneur. Décédé le 02.04.1989 à Bourg-en-Bresse.

 

Jean Balazuc P.P.P.

Sources principales.

  • Site du Secrétariat Général des Armées.

  • Les parachutistes de la Légion 1948-1962 du capitaine Pierre Montagnon. Pygmalion-2005

  • Le 3e Etranger de Philippe Cart-Tanneur et Tibor Szecko - Editions du Fer à Marquer-1988

  • La 13e D.B.L.E. de Tibor Szecko – Editions du Fer à Marquer - 1989

  • Légionnaires parachutistes de Pierre Dufour – Editions du Fer à Marquer – 1989

  • Une vie de guerres (1940-1961) de Bernard Cabiro – IndoEditions - 2010

Infos FSALE
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7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 18:36

L’assureur Axa est l’un des donateurs ayant permis la rénovation et l’extension du musée de la Légion étrangère à Aubagne dans les Bouches-du-Rhône.

A priori, la Légion Etrangère et Axa n’ont rien en commun. Les légionnaires ne jurent que par le risque quand les assureurs y sont plutôt allergiques ! Pourtant, la compagnie a contribué pour plus de 30.000 euros à l’extension et à la rénovation de son musée, situé à Aubagne (Bouches-du-Rhône – 13).

Avec diverses entreprises telles Lafarge, le Crédit Agricole, et plus de 9000 donateurs, elle lui a permis de boucler un budget de près de trois millions d’euros, en se passant des subsides de l’Etat. S’agit-il d’un coup de pouce à un projet libéral ? D’un coup pour doper l’image d’une société qui sollicite Iggy Pop, réputé pour son art de prendre son public à rebrousse-poil ? D’une décision personnelle d’Henri de Castries, en souvenir de son service national comme aspirant parachutiste ? Un peu de tout cela.

En fait, La Légion et Axa partagent une expérience commune. La seconde a surement inspiré la première. Car du fait de sa spécificité (ses soldats et ses sous-officiers s’engagent à titre étranger pour la France), le fleuron de l’Armée de Terre dispose de ces propres œuvres sociales : secours aux blessés, bourses d’études pour les enfants, maison de retraite pour ses anciens képis blancs indigents ou impotents, doublée d’un vignoble à Puyloubier. Tout comme l’assureur ! De même, nombre d’anciens légionnaires se reconvertissent dans l’assurance, et pas seulement comme vigiles. Quant à leur goût pour l’audace, il se double aussi d’une maîtrise très calculée des risques, à l’instruction des recrues et à l’entraînement.

Davantage, l’histoire entre La Légion et Axa remonte à la rencontre de deux hommes, il y a une vingtaine d’années : Claude Bébéar et Sir Simon Murray. On ne présente plus le premier. A vingt ans, le second s’engagera comme légionnaire pour impressionner la femme de sa vie. Il rendra son képi blanc cinq ans plus tard. Pour épouser sa belle, l’emmener à Hong Kong et y faire fortune. Ses succès lui vaudront de siéger dans les ‘Board’ de très grandes entreprises et d’être anobli par Elisabeth II.

Co-fondateur de la plus grosse entreprise d’investissement en Asie, son expérience lui permettra de siéger au conseil d’administration de Vivendi-Universal. L’ex-caporal-chef vivra de l’intérieur la fin de mandat de Jean-Marie Messier, orchestrée par le polytechnicien, en 2002.
Retiré des affaires, Sir Simon partage son temps entre divers défis sportifs, sa famille. Et la légion, à qui il voue une reconnaissance éternelle. Comme tous ses anciens frères d’armes, il se mettra en quatre pour le futur ‘Louvre du Légionnaire’ en ouvrant son carnet d’adresses.

Au bout du compte, la Légion et son ‘réseau’, dans lequel figure Axa, a inauguré son ‘Louvre’ : un bâtiment de 2.000 mètres carrés sur deux étages, relié à la salle d’honneur ou crypte, abritant la main articulée du capitaine Danjou, le commandant des légionnaires à Camerone, le mythe fondateur de cette troupe. Toutefois, ce chantier a subi quelques malfaçons obligeant à reporter de quelques mois son ouverture au public.

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7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 18:27
LIBERATION
Edouard LAUNET
B. D. légionnaire du 5e REI (photo de gauche, à gauche) au bord du fleuve Rouge, au Tonki, en 1951, et au sein des jeunesses hitlériennes en Poméranie, en 1938.
B. D. légionnaire du 5e REI (photo de gauche, à gauche) au bord du fleuve Rouge, au Tonki, en 1951, et au sein des jeunesses hitlériennes en Poméranie, en 1938. (Photos collection particulière.)
ENQUÊTE

A la fin de la Seconde Guerre mondiale, des milliers de soldats allemands faits prisonniers en France se sont engagés au côté des képis blancs dans le conflit colonial. Un jeune chercheur français retrace leurs parcours oubliés dans un livre, «l’Ennemi utile».

 

La guerre d’Indochine fut - aussi - une tragédie allemande, mais la plupart des Allemands, et des Français, l’ignorent. Lorsque, l’an dernier, un jeune historien français est passé au bureau des Etats de services de Berlin, organisme qui tient le registre des soldats de l’armée allemande tombés au cours des deux dernières guerres mondiales, ses interlocuteurs ont été fort surpris d’apprendre de sa bouche que plus de 2 600 de leurs compatriotes étaient «morts pour la France», et ce juste après la Seconde Guerre mondiale ! Si la chose est peu ou pas connue des deux côtés du Rhin, c’est que ces victimes-là sont restées enfouies dans une zone où l’historiographie n’avait pas beaucoup fouillé.

 

Waffen-SS, chevaliers prussiens

A l’issue du conflit de 1939-1945, un nombre important de prisonniers allemands s’est engagé dans la Légion étrangère. Ils se sont retrouvés presque immédiatement en Indochine. Le retrait des troupes japonaises qui occupaient la colonie française l’avait laissée dans un chaos dont le Vietminh communiste a su profiter, déclarant l’indépendance d’une partie du Vietnam en septembre 1945. Commence alors une guerre coloniale dont la Légion étrangère va être le fer de lance. Dans ses rangs, beaucoup d’Allemands, dont un nombre non négligeable de Waffen-SS. La pointe du fer de lance en Indochine, ce sera donc l’ennemi de la veille.

 
 

Combien furent-ils ? Entre 20 000 et 30 000 sur un contingent de 70 000 hommes, estime-t-on aujourd’hui, sans exclure une proportion plus forte encore. Les légionnaires allemands ont laissé derrière eux - dans les films, les romans, certains articles - d’assez belles images d’Epinal, des portraits sans nuances. Il y aurait eu, d’un côté, des chevaliers prussiens toujours prêts à démontrer leurs qualités de guerriers, comme ils l’ont souvent fait dans la Légion depuis sa création en 1831 ; de l’autre, d’anciens criminels de guerre venus se planquer dans ce corps discret de l’armée française pour tenter de se faire oublier.

Pas facile d’aller au-delà de cette iconographie saturée, entre idéalisation et diabolisation, puisque la Légion ne communique pas les dossiers personnels (1) et que, plus largement, la France a essayé de dissimuler le rôle des Allemands dans ses guerres coloniales.

Il y avait pourtant un moyen de creuser cette histoire-là : croiser les dossiers des légionnaires morts en service commandé, conservés et accessibles au Bureau des archives des victimes de conflits contemporains à Caen (Calvados), et ceux des soldats de l’armée allemande, archivés à Berlin. Cette singulière entreprise a été menée par un chercheur singulier : Pierre Thoumelin, 25 ans, officier de gendarmerie en cours de formation qui, parallèlement, travaille sur une thèse de doctorat d’histoire à l’université de Caen. La gendarmerie, «ce sera mon métier», dit Thoumelin sans l’ombre d’une hésitation. Si possible dans les enquêtes judiciaires. Il a réussi l’été dernier le concours de l’Ecole d’officiers de Melun (Seine-et-Marne). Mais l’histoire a toujours été sa passion, offrant un autre genre d’enquêtes.

Thoumelin est né au cœur du Cotentin, d’un père lui aussi gendarme et féru d’histoire. Après une prépa littéraire, il est parti faire des études à Caen. Il se dit passionné par la période contemporaine, en particulier la colonisation et la décolonisation. Sa famille n’a pas de passé avec les képis blancs, mais le fait d’ avoir grandi près des plages du débarquement et des anciens camps de prisonniers allemands l’a sensibilisé à ce sujet. «Ayant beaucoup lu sur l’Indochine, j’ai naturellement voulu savoir pour quelles raisons des Allemands étaient allés se battre là-bas», explique-t-il.

 

L’aventure plutôt que le retour

Thoumelin s’embarque donc dans une thèse de doctorat au Centre de recherche d’histoire quantitative de Caen, avec pour thème «Les légionnaires allemands et la guerre d’Indochine 1946-1954», sous la direction de Michel Boivin. Il crée des bases de données, trie les dossiers des soldats par classes d’âge, tente de recouper les éléments issus de ces deux grandes sources, interviewe une trentaine d’anciens légionnaires. Ce travail est suffisamment avancé pour qu’il fasse l’objet d’un livre (2) et bientôt d’un documentaire, diffusé en mai sur France 3, à l’occasion des 60 ans de Diên Biên Phu. Conclusion de son enquête : dans leur majorité, les légionnaires allemands partis en Indochine étaient des types qui cherchaient simplement à s’en sortir. Souvent, plus rien ni personne ne les attendait après la guerre en Allemagne où les conditions de vie étaient très difficiles. Alors, ces jeunes hommes vaincus ont choisi l’aventure plutôt que le retour. «Des SS se sont glissés à travers les mailles du filet : leur proportion au sein des légionnaires allemands est aux alentours de 8 à 10%, dans les classes d’âges inférieures. Cependant, même si la Légion n’a pas été très regardante, il est faux d’aller jusqu’à dire que l’Indochine a été le point de ralliement des anciens nazis», souligne Pierre Thoumelin. Ainsi le cliché du criminel de guerre allemand recyclé par l’armée française dans la Légion est-elle largement un mythe. Il n’en a pas moins nourri quelques articles de presse, notamment dans l’Humanité de l’après-guerre, et certains ouvrages, comme la Garde du diable : des SS en Indochine, du Canadien Georges Robert Elford.

En revanche, il est avéré que la présence de combattants allemands a été déterminante en Indochine. Ces derniers ont été très présents parmi les instructeurs et l’encadrement de la Légion, ce qui ne posait guère de problème puisque 70% des légionnaires servant en Indochine étaient germanophones. C’est que les képis blancs ont eu une forte culture germanique dès la création du corps en 1831 : trois des sept bataillons initiaux étaient constitués uniquement d’Allemands.

En 1940, l’une des premières demandes de l’Allemagne nazie au gouvernement de Vichy fut de lui remettre les légionnaires allemands, dont le nombre était alors estimé à 10 000. Ainsi, nombre de traditions de la Légion sont d’origine germanique, en particulier les chants.

En Indochine fut mise à profit l’expérience d’anciens membres d’unités d’élite, comme les parachutistes de la Luftwaffe, qui s’étaient illustrés dans les batailles de Normandie et de Monte Cassino. C’est ainsi que l’«ennemi héréditaire» est devenu l’«ennemi utile». Ceci n’a pas aidé au rapprochement entre la France et l’Allemagne dans l’après-guerre. «Nous avons pu retrouver dans les fichiers de décès de légionnaires allemands des demandes de familles formulant expressément le souhait que la mention "mort pour la France" soit retirée du dossier de leur fils», écrit Pierre Thoumelin. Dès lors, la France s’en est souvent tenue à la mention «mort au champ d’honneur». Cela explique en partie la surprise des Allemands face au nombre de ses victimes en Indochine. Le parcours de ces légionnaires est parfois très complexe. Kurt K., né en 1924, comptait à sa mort, en mars 1953, deux citations au titre de la Wehrmacht ainsi que, dans l’armée française, trois citations à l’ordre du régiment en Indochine, une croix de guerre avec étoile de bronze et la médaille coloniale pour l’Extrême-Orient. Certains furent prisonniers en France à la fin de la Seconde Guerre, puis légionnaires en Indochine au service d’une guerre coloniale française, avant de déserter en passant au service du Vietminh et de l’anticolonialisme, et seront finalement renvoyés soit en Allemagne de l’Ouest, où ils se feront aussi discrets que possible, soit en Allemagne de l’Est, où ils seront accueillis comme les héros d’une guerre communiste, et du coup contraints de participer à des meetings politiques pour dénoncer les abus de la France coloniale. Sans surprise, beaucoup choisirent le silence.

 

Changement de camp

In Foreign Service, documentaire diffusé par Arte en 2005,Marc Eberle a retracé quelques-uns de ces parcours hallucinants. L’un des anciens légionnaires confie que, lorsqu’il a été fait prisonnier par un groupe vietminh, il a été mené droit au capitaine… qui était allemand. Selon Eberle, 1 400 légionnaires allemands auraient changé de camp. La guerre d’Indochine fut le conflit au cours duquel la Légion étrangère a connu ses plus grosses pertes (plus de 10 000 hommes), devant la Première Guerre mondiale, souligne Pierre Thoumelin. A Diên Biên Phu, elle avait engagé six bataillons, dont 1 600 Allemands qui, pour beaucoup, sont morts durant la bataille ou la longue marche qui suivit.

Il reste au chercheur quelques pistes à creuser, en particulier le parcours des anciens légionnaires rentrés en RDA, ou encore le destin de ceux qui, rentrés en RFA, se sont engagés dans la Bundeswehr. Mais il a établi l’essentiel : les combattants allemands ont joué un rôle plus important qu’on ne pensait dans la guerre d’Indochine, longtemps ignoré parce que leurs parcours étaient trop en contradiction avec le discours alors dominant sur les relations franco-allemandes. «Comment évoquer l’esprit de camaraderie entre légionnaires allemands et soldats français à une époque où l’opinion était encore profondément marquée par les années d’occupation ?» souligne le gendarme-historien.

(1) Les archives de la Légion qui ne sont pas reversées au Service historique de la Défense ne peuvent être consultées, et leur déclassification n’est pas prévue.

(2) «L’ennemi utile», de Pierre Thoumelin. Editions Schneider Text, 184 pp., 14,90 €.

 

Edouard LAUNET
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20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 20:05

Le 2 août 1914, tandis que le tocsin retentit dans toute la France, un flot d’étrangers assaille nos bureaux de recrutement.

Les nombreux bataillons qu’il fallut former sont groupés en régiments de marche, dès novembre 1914. C’est vraiment la cohorte des Nations. Cinquante y sont représentées. On y parle plus de langues qu’au pied de la biblique tour. Les Français et les Suisses ont apporté le plus fort contingent. Cependant, de mois en mois, les effectifs des quatre régiments existant s’amenuisèrent du fait des pertes au feu, la maladie ou le départ des sujets alliés auxquels la latitude fut donnée de rejoindre leur Armée.

A partir de novembre 1915, un seul régiment subsistera, il prendra le nom de « Régiment de marche de la Légion étrangère », un nom qui sera porté sur les ailes de la renommée.

Pendant les quatre années de guerre, des officiers supérieurs de haute valeur commandèrent les Régiments de Légion sur le front de France. Citons les colonels Pein, Cot, Duriez et Rollet, tous issus de la Légion étrangère. Deux d’entre eux, Pein et Duriez seront mortellement blessés au cours de deux grandes batailles.

Tandis que de nouveaux régiments de Légion se forment en France pour combattre les Allemands, les Autrichiens, les Turcs et les Bulgares, les unités restant en Afrique du Nord, au Maroc notamment, et au Tonkin, conservent leurs éléments allemands, autrichiens, turcs et bulgares qui allaient contribuer à la défense de l’Empire français.

Ainsi se présente la Légion aux premiers mois de la guerre. Elle va accumuler les exploits, engagée partout où le choc sera le plus rude à donner ou a recevoir, prenant à peine le temps après chaque bataille de panser ses plaies et à reformer ses rangs. Sa bravoure et son esprit de sacrifice appartiendront bientôt à la légende. En1862, lors du départ du Régiment étranger pour le Mexique, le général Deligny avait dit: « Légionnaires, votre Drapeau n’a pas de plis assez amples pour y inscrire tous vos titres de gloire. » Depuis, cette parole n’a cessé de se vérifier. De 1914 à 1918 des décorations ne cessèrent pas de recouvrir la cravate de l’emblème arboré par le R.M.L.E.

Le 2ème de marche du 1er Etranger, ce régiment dont les éléments africains ont quittés Bel-Abbès le 24 août, se rassemble au camp de Mailly à partir du 25 septembre et y demeure jusqu’à la fin octobre. A ce moment, le Régiment dont l’instruction et l’amalgame sont terminés, est affecté à la 1ère Brigade de la Division marocaine et vient occuper successivement les secteurs de Prunay et de la Pompelle en Champagne.

Le colonel Pein, « le conquérant des Oasis » dont le nom reste attaché à l’épopée du Sud-Oranais, commande le Régiment jusqu’au moment où ce dernier, quittant la Champagne, va participer à la bataille d’Artois.

 

Artois, mai-juin 1915

 

Le 9 mai au petit jour, les unités se massent. L’objectif est la cote 140. A 10 heures, des tranchées, la ligne bondit littéralement, elle surgit au son de la charge, successivement les bataillons Noiré, Muller, Gaubert, du Régiment Cot et à gauche les bataillons du Régiment Demetz. C’est la ruée, la lutte d’homme à homme, car le canon n’a pas fait ce qu’il sut faire plus tard. Les balles sifflent de tous côtés, les mitrailleuse crépitent avec rage. Déjà, les commandants Noiré, Muller et Gaubert sont tués, avec les capitaines Lehagre, Boutin, Jourdeuil, Osmont et tant d’autres. Le lieutenant-colonel Cot est blessé. A 11h30, l’objectif est atteint. Mais malheureusement, faute de réserves fraîches, la croupe de la cote 140 ne peut être maintenue. Le bilan des pertes se révèle très lourd. Cinquante officiers et 1889 légionnaires manquent à l’appel.

Le commandant Collet, seul chef de bataillon resté debout, prend le commandement du Régiment reformé à deux bataillons jusqu’à l’arrivée des renforts.

Le 16 juin, le régiment prend part à l’attaque de Givenchy. De nouveau, 21 officiers et 624 hommes tués, blessés ou disparus sont la rançon de cette nouvelle tentative de l’impossible percée.

Envoyé dans la région de Montbéliard puis en Alsace, le régiment reçoit les renforts du 3ème de marche du 1er Etranger dissous. L’effrayante fournaise de d’Artois et de Champagne a réduit à tel point le Régiment qu’il est dissous. Le 11 novembre 1915, l’ancien 2ème de marche du 1er Etranger entre dans la composition du Régiment de marche de la Légion étrangère.

Le 2éme de marche du 2ème Etranger, comme le 1er Etranger de Bel-Abbès, le Régiment de Saïda fournit l’ossature d’une unité de Légion qui, elle aussi, vint compléter son instruction au camp de Mailly après avoir reçu les engagés. Il sera engagé au sein de la 1ère Brigade de la Division marocaine. Jusqu’en septembre 1915, le Régiment tiendra différents secteurs dans les régions de Reims et de Paissy. Il se rend ensuite au repos en Haute-Saône puis en Champagne pour prendre part à la grande bataille qui se prépare. Sa participation aux combats de Souain et de la ferme de Navarin lui ont couté: 14 officiers dont le lieutenant-colonel Leconte-Denis, blessé, et de 300 hommes tués ou blessés.

C’est après avoir reçu un nouveau chef, le lieutenant-colonel de Lavenne de Choulot, que le Régiment est fondu dans le nouveau R.M.L.E à Verberie.

Le 3ème de marche du 1er Etranger, sa création est dû au grand nombre de demandes d’engagement à la caserne de Reuilly. La nouvelle unité prend le nom de « Régiment de marche de la Légion étrangère du camp retranché de Paris », le 28 novembre 1914, à la fin de son instruction.  Son commandement est confié au colonel Thiébault, de la Légion de gendarmerie de Paris. Le Régiment mène ses premières actions sur le front de la Somme. A partir du 30 mars 1915, le 3ème de marche est employé dans le Santerre.

La libération d’un important contingent d’Italiens, de Belges et de Russes dont chaque groupe rejoint son armée nationale respective, fait décider la dissolution du Régiment dont les derniers éléments sont dirigés sur le 2ème de marche du 1er Etranger (juillet 1915). Depuis le 20 novembre 1914, le 3ème de marche était commandé par le lieutenant-colonel Desgouille.

Le 4ème de marche du 1er Etranger, c’est également au camp de Mailly que ce Régiment rejoignit les autres unités de Légion au début de novembre 1914.Il est constitué de trois bataillons de Garibaldiens et commandé par le lieutenant-colonel Giuseppe Garibaldi.

Le 14 décembre, le 4ème de marche est appelé à faire ses preuves et, le 26, il reçoit son baptême du feu dans le bois de Bolante, en Argonne. Son attaque échoue et ses pertes son sévères. Une nouvelle action le trouve à l’attaque des Courtes Chausses. C’est un succès. En janvier 1915, le Régiment fournit un nouvel effort, sans réussir dans sa tentative.

En mars, par suite d’une entente avec le gouvernement italien, le 4ème de marche est dissous. Les hommes rejoignent l’Italie à l’exception de quelques volontaires qui sont incorporés dans d’autres régiments de Légion.

Ces trois mois de campagne ont couté 429 tués aux garibaldiens.

Le R.M.L.E, formé le 11 novembre 1915, avec les éléments des Régiments de marche du 1er et 2ème Etranger, est considéré comme une des unités de choc par excellence. Il est constitué de trois bataillons sous les ordres du lieutenant-colonel Cot.

De décembre 1915 à juin 1916, La Division marocaine demeure à l’instruction ou occupe différents secteurs dans la région de Roye-Lassigny.

Le 4 juillet 1916, la bataille de la Somme commence. Le R.M.L.E est engagé dans la lutte pour l’enlèvement du village de Belloy-en-Santerre. La Légion ramène 750 prisonniers dont 15 officiers. Le prix de ce succès fut la mise hors de combat, près du tiers de l’effectif du Régiment.

Le 8 et 9 juillet, la tentative d’enlèvement du terrible boyau du Chancelier , sans succès, coûtent d’autres pertes sévères.

Après s’être réorganisé dans l’Oise, le R.M.L.E monte en ligne, à la fin de l’année, dans la région de Santerre. Au mois de février 1917, le lieutenant-colonel Cot est remplacé à la tête du Régiment par le Lieutenant-colonel Duriez. Le lieutenant-colonel Duriez sera tué, le 18 avril, au cours des combats d’Aubérive. Le chef de bataillon Deville le remplace. Aubérive est enlevé, par le R.M.L.E, aux prix de lourdes pertes.

Le 30 mai 1917, à Mourmelon-le-Grand, le lieutenant-colonel Rollet prend la tête du Régiment.

Le 14 juillet, le R.M.L.E défile à Paris. Au cours de la revue, le président Poincaré attache la fourragère aux couleurs de la Médaille Militaire à la pique du Drapeau.

 

Sources: Livre d’or de la Légion étrangère

http://www.fanion-vert-rouge.info/1914-1918_artois_somme.htm

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16 février 2014 7 16 /02 /février /2014 16:23

L’assemblée générale de l’Amicale des Anciens de la Légion Etrangère d’Indre et Loire s’est tenue le 8 février 2014 à la Caserne DUTERTRE 37300 JOUE LES TOURS.

Album photos de l'AG de l'AALE 37 du 8 février 2014
Album photos de l'AG de l'AALE 37 du 8 février 2014
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16 février 2014 7 16 /02 /février /2014 16:19
Chaque année, 10 000 jeunes venus du monde entier tentent d'intégrer la Légion étrangère. A Aubagne, ils sont soumis à une batterie de tests impitoyables, tant physiques que psychologiques, qui voient 90% d'entre eux refusés. Nicolas Moscara a suivi Lim l'Américain, Vaifana le Malgache et d'autres engagés volontaires pendant leur formation à Castelnaudary. Puis, pour illustrer l'engagement de la Légion, il s'est rendu en Afghanistan, où elle est présente depuis septembre 2008. Pendant quarante jours, le journaliste a suivi les hommes du 2e régiment étranger d'infanterie, qui mènent la guerre contre les talibans.
 
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16 février 2014 7 16 /02 /février /2014 16:12

La cohésion : à quoi çà sert ?

 

L’année 2014 est maintenant bien lancée. Le moment privilégié de Noël fêté au sein de chacun de nos régiments paraît déjà loin. Les permissions de fin d’année ont permis aux unités qui le pouvaient de souffler un peu avant de reprendre les activités d’instruction et d’entraînement.
Cependant, dès les premiers jours de janvier, deux rites immuables ont été partagés une nouvelle fois dans les régiments.


Le premier est la cérémonie des voeux, rendez-vous que l’on retrouve un peu partout dans les Armées comme dans la société française. Au cours de ce cérémonial, organisé en tout début d’année à la Légion étrangère (ce fut pendant de nombreuses années le 1er janvier au matin), ce n’est pas le chef qui adresse des voeux, mais le second qui lui adresse les siens et ceux de tous ses subordonnés. Débuter l’année par une cérémonie conviviale est une coutume précieuse. Elle crée un contexte privilégié d’attention aux autres et de bienveillance à l’égard du chef. L’amour du chef, l’obéissance, sont de plus pure tradition, dit la chanson.


Le second rite est propre à la Légion étrangère. Coutume très ancienne, la fête des Rois est marquée avec une grande constance dans nos unités. De quoi s’agit-il ?


À travers des activités ludiques suivies de rencontres chaleureuses, cet événement regroupe les officiers et les sous-officiers dans un contexte très particulier, source d’une cohésion très forte. Ce jour là, les cadres se retrouvent pour des rencontres sportives marquées par l’imagination et la bonne humeur. Un rassemblement organisé par les sous-officiers autour de galettes, permet ensuite d’accueillir la cour de celui qui a été choisi pour être le Roi.


Conçue par les lieutenants, cette cour regroupe des cadres représentatifs de l’ensemble de la communauté légionnaire. Un déjeuner achève les festivités et permet aux officiers d’accueillir les sous-officiers. Que d’heures perdues me diront les experts des tableaux de bord et les chronométreurs, tout ce temps consacré à une activité non productive. Et pourtant, malgré les tâches toujours plus nombreuses, le temps s’arrête pour une demi-journée indispensable au bien être de la collectivité.
Alors pourquoi prendre ce temps ? Regardons de plus près. Qui participe à ces festivités ? Les officiers de Légion et les sous-officiers. C’est une des rares occasions de mener une activité entre cadres d’un même régiment. Moment privilégié, de détente, de sport, d’humour et de fête.


Cela ne rapporte rien me dira-t-on. L’apparence est pourtant bien trompeuse. À l’heure où tout le monde doit faire mieux avec moins, ce rendez-vous annuel est une occasion unique et privilégiée pour souder l’équipe de commandement d’un régiment. La joie ne rapporte pas, en apparence pensent certains. C’est néanmoins sous-estimer son efficacité pour créer le supplément invisible, ce surcroit de forces morales, qui aide chacun à se sentir pleinement à sa place pour faire de son mieux et plus que le nécessaire, s’il le faut, pour sa section, sa compagnie, son régiment. Les quelques heures consommées sont vite rattrapées. Les sous-officiers sont fiers d’avoir accueilli leurs officiers, qui à leur tour ont rendu l’invitation. La modernisation va bon train mais nos anciens savaient que seules ces occasions permettent de fédérer. Derrière chaque habitude, chaque rite, se cache une raison de fond, ici, l’entretien de l’esprit de corps.


Alors que dire ? Continuons à serrer les rangs, à entretenir ces relations privilégiées entre cadres et légionnaires. C’est bien cette fraternité d’arme qui permet d’aborder l’avenir sereinement et avec une ardeur renouvelée. Consacrer du temps à la relation humaine au sein d’une équipe de cadres est un investissement dont la seule faiblesse est de ne pouvoir être directement quantifié. Si l’on dit souvent que le bien ne fait pas de bruit, le bien n’est pas non plus toujours immédiatement visible.

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14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 19:14

Le Président et l’armée de la France

 

L’année 2013 a été riche en décisions qui engagent l’avenir de notre armée, c'est-à-dire, pour une part, celui de notre pays. Il s’agit du Livre blanc, de la loi de programmation militaire et de deux opérations militaires en Afrique. L’année 2014 quant à elle s’ouvre sur des situations ambigües et dangereuses, tant par l’image négative que renvoie le chef des armées que par le flou qui entoure l’engagement de nos forces en République Centrafricaine (RCA).
Leurs conséquences sont de nature à ternir, affaiblir, voire décrédibiliser la France et son armée.

 

Vivre selon ses responsabilités

 

Un « président normal » de la France, ne peut pas être un homme « comme les autres ».
Le président de la République française est le chef des armées 24 heures sur 24 et 365 jours par an. A ce titre, il est le détenteur du feu nucléaire et peut, dans l’urgence, décider seul de l’engagement des forces armées françaises partout dans le monde. Ce pouvoir régalien considérable n’existe dans aucun autre pays démocratique ; il lui permet d’assumer au mieux son premier devoir puisque, selon l’expression du fondateur de la Vème République, « la Défense est le premier devoir de l’Etat ». Les récentes opérations en Libye et en Côte d’Ivoire, puis au Mali et en RCA ont montré comment les deux derniers présidents ont joué de ces pouvoirs entre 2011 et 2013.

 

Exercer les plus hautes responsabilités de l’Etat est une tâche immense, un sacerdoce du quotidien : celui du service exclusif de la Patrie et du peuple français. Cette fonction exige un sacrifice personnel permanent. Elle ne peut en aucun cas être assumée par« monsieur tout le monde ». En envoyant au combat et parfois à la mort des fils et filles de France, il exerce ses prérogatives au service des intérêts supérieurs de la France et des Français.
Ces responsabilités, les pouvoirs dont il dispose et les moyens qui sont mis à son service, lui imposent des règles de comportement auxquelles il doit se soumettre. En les contournant, il discrédite la plus haute fonction régalienne et affaiblit notre pays aux yeux du monde.

 

Clarifier, expliquer et défendre l’engagement de nos armées

 

Si l’Histoire nous rappelle que notre outil de défense doit être cohérent avec notre politique étrangère, il est tout aussi vrai que l’engagement opérationnel de nos armées doit toujours s’inscrire dans sa politique extérieure avec des objectifs clairs. Les Français doivent comprendre et partager les raisons pour lesquelles la France accepte de sacrifier ses soldats et dépenser son argent.

 

C’est pourquoi les missions données à nos forces au Mali et plus encore en RCA doivent être expliquées sans ambigüité par le président de la République dont c’est le rôle en tant que chef des armées, la conduite des opérations sur le terrain restant du ressort exclusif des chefs militaires. Ce n’est à l’évidence pas le cas pour la RCA. Quel est le but final de notre engagement en RCA ? Le retour à un équilibre qui n’a jamais existé ? Un transfert de responsabilités à des forces africaines incapables de les assumer efficacement ? Ou bien sécuriser ce pays abandonné et aider à son redressement et à son développement économique, seule solution durable, susceptible de favoriser la réconciliation des adversaires d’hier ? Qui peut nier que nos effectifs sont alors très largement insuffisants ?

 

Cette situation de faiblesse expose inutilement nos soldats à des actions audacieuses conduites par nos adversaires. Elle contribue à affaiblir leur crédibilité et leur capacité de dissuasion. Aujourd’hui nos forces ne contrôlent qu’une faible partie du pays laissant ainsi de vastes régions aux mains de rebelles qui continuent d’exercer des violences - pillages, viols et massacres - sur la population.
 

Qui nous dit que demain la France, en l’occurrence son armée, ne sera pas alors accusée de complicité de meurtres ? Le chef des armées d’aujourd’hui ne sera sans doute plus là pour assumer ses responsabilités. L’exemple du Rwanda, où nos troupes ont pourtant réalisé une mission de sauvetage humanitaire remarquable lors de l’opération Turquoise, est révélateur puisque nos soldats et leurs chefs se retrouvent aujourd’hui à nouveau mis en accusation par les autorités rwandaises à l’occasion du 20ème anniversaire du génocide.

 

Quel est le président de la République qui s’insurgera enfin contre les allégations mensongères prononcées à l’égard de nos militaires qui ont pourtant agi selon les ordres donnés par le Président du moment ?

 

2014 sera donc une année au cours de laquelle l’ASAF exercera toute sa vigilance. Elle souhaite mobiliser tous ceux qui estiment que, dans les circonstances actuelles et face aux multiples menaces qui s’annoncent, soutenir l’armée, c’est servir la France.

 

Rédaction de l’ASAF - (www.asafrance.fr)

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