Buts : Entretenir et développer les sentiments de camaraderie et de solidarité qui caractérisent la Légion Etrangère.
Pérenniser le souvenir du Combat de Camerone.
Président :
LORAILLER Pierre
Mail : zeraldavert@gmail.com
Composition du bureau directeur :
1er Vice-Président : SCHULLER Pierre
2e Vice-Président : Colonel FUSALBA Thierry
Secrétaire et Trésorière : THERET Nadine
Président d’Honneur : Général de Brigade (2S) BREUILLE Eric (Ancien Chef de Corps du 1er REG)
Administrateurs :
LEBIGRE Yannick
THERMEAU Jean-Claude
Contrôleur aux Comptes :
BERGEOT Dominique
Porte-drapeaux :
BENYAHIA Hikmat
GAUTIER Dominique
Capitaine de Borelli, officier de la Légion : « A mes hommes qui sont morts, et particulièrement à la mémoire de Tiebald Streibler, qui m’a donné sa vie le 3 mars 1885 ».
Mes compagnons, c’est moi ; mes bonnes gens de guerre,
C’est votre Chef d’hier qui vient parler ici
De ce qu’on ne sait pas, ou que l’on ne sait guère ;
Mes Morts, je vous salue et je vous dis : Merci.
Il serait temps qu’en France on se prît de vergogne
A connaître aussi mal la vieille Légion
De qui, pour l’avoir vue à sa rude besogne
J’ai la très grande amour et la religion.
Or, écoutez ceci : « Déserteurs ! Mercenaires ! »
« Ramassis d’Etrangers sans honneur et sans foi ! »
C’est de vous qu’il s’agit, de vous, Légionnaires !
Ayez-en le cœur net, et demandez pourquoi ?
Sans honneur ? Ah ! passons ! Et sans foi ? Qu’est-ce à dire,
Que fallait-il de plus et qu’aurait-on voulu ?
N’avez-vous pas tenu, tenu jusqu’au martyre,
La parole donnée et le marché conclu ?
Mercenaires ? sans doute : il faut manger pour vivre ;
Déserteurs ? Est-ce à nous de faire ce procès ?
Etrangers ? Soit. Après ? Selon quel nouveau livre
Le maréchal de Saxe était-il donc Français ?
Et quand donc les Français voudront-ils bien entendre
Que la guerre se fait dent pour dent, œil pour œil
Et que des Etrangers qui sont morts, à tout perdre,
Chaque fois, en mourant, leur épargnaient un deuil.
Aussi bien c’est assez d’inutile colère,
Vous n’avez pas besoin d’être tant défendus ;
Voici le Fleuve Rouge et la Rivière Claire
Et je parle à vous seuls de vous que j’ai perdus !
Jamais garde de Roi, d’Empereur, d’Autocrate,
De Pape ou de Sultan, jamais nul Régiment
Chamarré d’or, drapé d’azur ou d’écarlate,
N’allez d’un air plus mâle et plus superbement.
Vous aviez des bras forts et des tailles bien prises,
Qui faisaient mieux valoir vos hardes en lambeaux ;
Et je rajeunissais à voir vos barbes grises,
Et je tressaillais d’aise à vous trouver si beaux.
Votre allure était simple et jamais théâtrale ;
Mais, le moment venu, ce qu’il eût fallu voir,
C’était votre façon hautaine et magistrale
D’aborder le « Céleste » ou de le recevoir.
On fait des songes fous, parfois, quand on chemine,
Et je me surprenais en moi-même à penser,
Devant ce style à part et cette grand mine
Par où nous pourrions bien ne pas pouvoir passer ?
J’étais si sûr de vous ! Et puis, s’il faut tout dire,
Nous nous étions compris : aussi de temps en temps,
Quand je vous regardais vous aviez un sourire,
Et moi je souriais de vous sentir contents.
Vous aimiez, troupe rude et sans pédanterie,
Les hommes de plein air et non professeurs ;
Et l’on mettait, mon Dieu, de la coquetterie
A faire de son mieux, vous sachant connaisseurs.
Mais vous disiez alors : « La chose nous regarde,
Nous nous passerons bien d’exemples superflus ;
Ordonnez seulement, et prenez un peu garde,
On vous attend … et nous on ne nous attend plus ! »
Et je voyais glisser sous votre front austère
Comme un clin d’œil ami doucement aiguisé,
Car vous aviez souvent épié le mystère
D’une lettre relue ou d’un portait baisé.
N’ayant à vous ni nom, ni foyer, ni Patrie
Rien où mettre l’orgueil de votre sang versé,
Humble renoncement, pure chevalerie,
C’était dans votre chef que vous l’aviez placé.
Anonymes héros, nonchalants d’espérance,
Vous vouliez, n’est-ce pas, qu’à l’heure du retour,
Quand il mettait le pied sur la terre de France,
Ayant un brin de gloire, il eût un peu d’amour.
Quant à savoir si tout s’est passé de la sorte,
Et si vous n’êtes pas restés pour rien là-bas,
Si vous n’êtes pas morts pour une chose morte,
O mes pauvres amis, ne le demandez pas !
Dormez dans la grandeur de votre sacrifice,
Dormez que nul regret ne vous vienne hanter ;
Dormez dans cette paix large et libératrice
Où ma pensée en deuil ira visiter !
Je sais où retrouver, à la suprême étape
Tous ceux dont la grande herbe a bu le sang vermeil,
Et tous ceux qu’ont engloutis les pièges de la sape,
Et tous ceux qu’ont dévorés la fièvre et le soleil ;
Et ma pitié fidèle, au souvenir unie,
Va du vieux Wunderli qui tombe le premier
Et suivant une longue et rouge litanie
Jusqu’à toi, mon Streibler, qu’on tua le dernier !
D’ici je vous revois, rangés à fleur de terre
Dans la fosse hâtive où je vous ai laissés,
Rigides, revêtus de vos habits de guerre
Et d’étranges linceuls faits de roseaux tressés.
Les survivants ont dit – et j’ai servi de prêtre !
L’adieu du camarade à votre corps meurtri ;
Certain geste fut fait bien gauchement peut-être,
Pourtant je ne crois pas que personne en ait ri !
Mais quelqu’un vous prenait dans sa gloire étoilée
Et vous montrait d’en haut ceux qui priaient en bas,
Quand je disais pour tous, d’une voix étranglée,
Le Pater et l’Ave – que tous ne savais pas !
Compagnons, j’ai voulu vous parler de ces choses,
Et dire en quatre mots pourquoi je vous aimais :
Lorsque l’oubli se creuse au long des tombes closes,
Je veillerai du moins et n’oublierai jamais.
Si parfois, dans la jungle où le tigre vous frôle
Et que n’ébranle plus le recul du canon,
Il vous semble qu’un doigt se pose à votre épaule,
Si vous croyez entendre appeler votre nom.
Soldats qui reposez sous la terre lointaine,
Et dont le sang me laisse des remords,
Dites-vous simplement : « C’est notre Capitaine
Qui se souvient se nous … et qui compte ses Morts. »
Poème du capitaine de Borelli, officier de la Légion. Avec l’aimable autorisation de la Délégation du Souvenir Français de Chine.

07/04/2014
La légion étrangère aura un invité de marque, le prince Albert II de Monaco, lors de la célébration du 151e anniversaire de la bataille de Camerone le 30 avril prochain à Aubagne. Fait exceptionnel, un détachement de la compagnie des carabiniers du Prince sera sous les armes avec les légionnaires, un honneur rarissime! L'arrière-grand père d'Albert, Louis II a été officier de la légion étrangère et la principauté est même "première classe d'honneur de la légion".
Le général de Monaco
Dans l’armée française, il est même appelé le « général de Monaco »
Il a été d’abord affecté comme sous-lieutenant à titre étranger au 1er Régiment étranger en1893 à sa sortie de l’École de Saint-Cyr. Ayant quitté l’armée en 1899 pour assister son père dans la gestion des affaires de la principauté, il s’est engagé en 1914 pour la durée de la guerre avec le grade de capitaine à titre étranger. Il a quitté l’armée française avec le grade de général de brigade en 1922 pour succéder à son père, Albert Ier. En 1947, à l’occasion du 25e anniversaire du règne de Louis II, la principauté a été faite «Légionnaire de 1re classe d’honneur», et fait unique, le prince est sergent-chef honoraire de la Légion étrangère.
Au décès du prince Louis II, en 1949, le catafalque a été conduit à la cathédrale de Monaco par les Carabiniers du prince et des légionnaires. Derrière le cercueil, c’est un légionnaire qui a porté la médaille militaire du prince.
Éditorial du COM.LE du Képi blanc N° 764
Ambassadrice, voilà bien un qualificatif qui caractérise la musique de la Légion étrangère depuis sa création. Allons plus loin et parlons même d’ambassadrice extraordinaire. L’obtention d’un disque d’or, trois mois après avoir enregistré l’album intitulé Héros en témoigne. Une légitime fierté en découle, étant la seule musique militaire à avoir jamais reçu ce titre convoité. Sollicité tout au long de l’année, le légionnaire musicien participe directement au rayonnement de la Légion étrangère, de l’armée de Terre et de la Défense, aussi bien en France qu’à l’étranger où il est tout particulièrement porteur d’une image emblématique. Si le grand public ne le voit et l’admire qu’à la parade, ce musicien en képi blanc est avant tout un légionnaire “venu volontaire”, et donc un combattant dont l’histoire est indissociable de celle de la Légion !
En effet, le musicien est le moins connu mais paradoxalement sans doute aussi le plus applaudi des légionnaires. “L’ambassadrice de la Légion étrangère”, toujours mystérieuse et toujours très sollicitée, demeure reconnaissable entre toutes. Unique en son genre, la Musique de la Légion étrangère possède une originalité qui ne limite pas son répertoire au seul et néanmoins célèbre refrain du Boudin. Du pas lent et majestueux, au port bas de ses tambours, en passant par le son aigu de ses fifres ou l’éclat de son chapeau chinois dont les queues de cheval évoquent ses origines turques, la musique de la Légion étrangère et ses légionnaires possèdent bien des secrets.
À l’origine, “le rôle des musiques militaires était à la fois d’effrayer l’ennemi, d’assurer par ses tambours et ses clairons la transmission des ordres dans la bataille, d’exciter la troupe et de rehausser l’éclat des défilés”.
Car les musiciens furent d’abord des soldats. Et à la Légion étrangère, ils le restent. Aujourd’hui encore, si les moyens de combat ont bien changé, la musique conserve sa place en tête des défilés, honneur jadis réservé aux combattants d’élite. Le musicien est recruté comme un combattant débarqué, au même titre que tous les légionnaires, avant de devenir tambour ou clairon. Tout au long de l’année, ces musiciens répètent leurs gammes plusieurs heures par jour. Mais ils n’oublient pas non plus d’entretenir leur fond de sac opérationnel au cours du mois de janvier qu’ils passent chaque année sur le terrain ou en ferme pour s’entraîner au tir et au combat.
Il n’est pas anodin que ce soit un musicien, le tambour Laï de la 3e compagnie du Régiment étranger au Mexique, qui ait fait le premier récit du combat de Camerone au colonel Jeanningros quand la colonne de secours arriva sur les lieux du combat, le 1er mai 1863 à l’aube. Grièvement blessé de sept coups de lance et de deux balles, laissé pour mort, il avait réussi pendant la nuit à s’extraire du tas de cadavres puis à se trainer sur la route de Chiquihuite. À la vue de ses camarades, il articula ces quelques mots : “Je suis le seul de la 3e compagnie…” Il fut décoré de la Légion d’honneur et sa croix est aujourd’hui conservée au Musée de la Légion à Aubagne.
Nos musiciens ont repris leurs instruments et répètent avec rigueur pour préparer Camerone. C’est dans quelques semaines. La cérémonie sera marquée par le centenaire du déclenchement de la Grande Guerre. Le thème retenu est celui “Des étrangers au service de la liberté”. Dans cette période riche et douloureuse de l’Histoire de France, la Légion étrangère a écrit des pages magnifiques d’héroïsme. De nombreux étrangers ont choisi de combattre dans le camp de la liberté. La Légion compte dans ce conflit, six mille morts et disparus sur les quarante-cinq mille hommes engagés. La Musique de la Légion y prit part, ses musiciens devenant brancardiers pour les plus âgés ou simples combattants dans les régiments de marche pour les autres.
Le 30 avril prochain, en hommage à tous ces volontaires de 1914, ce sont trois légionnaires qui seront mis à l’honneur pour porter et escorter la main du capitaine Danjou. Trois étrangers qui se sont engagés pour servir ce pays qui n’était pas le leur : le lieutenant-colonel Zlatko Sabljic, accompagné par le major Cristobal Ponce y Navarro et le caporal-chef Joaquim Da Silva. Solennellement, ils remonteront la voie sacrée accompagnés des pionniers et de la musique de la Légion étrangère.
Au son des fifres et tambours, les légionnaires musiciens apporteront ce supplément d’âme indispensable pour partager l’intensité de la cérémonie.
La Musique, une “vieille dame” de la Légion...
Ambassadrice de la Légion, notre Musique, qui regroupe une soixantaine de cadres et légionnaires se produit partout en France et à l’étranger. Elle est un vecteur de communication prestigieux pour l’institution depuis bien des années. Reconnue et appréciée pour ses prestations musicales de qualité dans des registres aussi variés qu’originaux, elle concourt largement au rayonnementde la Légion étrangère, de nos armées et Maison mère, prises d’armes dans les régiments, rencontres sportives, concerts, festivalsde musique militaire ou obsèques, la MLE participe à de grands évènements de manièreremarquable. L’an dernier, la Musique de la Héros, associé au prestigieux label Deutsche Grammophon. Une reconnaissance méritéepour cette formation musicale que l’on retrouve quelques mois après pour unconcert unique "Piaf, une vie en rose et noir" à Paris, rendant hommage à Édith Piaf à l’occasion du 50e anniversaire de sa disparition. Cette année, la MLE poursuit sur sa lancée avec des rendez-au 250e anniversaire de la création du canton de Genève le31 mai ou encore une prestation à Londres les 11 et 12 juin prochains.
KB vous propose ce mois-ci un dossier complet son histoire, son actualité, le quotidien des ses légionnaires, leur formation, leurs activités, quelques portraits et témoignages... Alors musique Maestro !
La rédaction avait annoncé le mois dernierle lancement dès avril de notre opération deparrainage pour les abonnements de soutien à Képi blanc. Nous en faisons le zoom ànouveau. Soyez nombreux à nous soutenirdans cette initiative originale. Parrainez un proche, un ami, un camarade, un frère...Vous ferez à la fois un geste pour la solidaritélégionnaire et pour saluer votre engagement, une médaille “Légion étrangère” vous sera offerte. À vous de jouer maintenant...
À l’approche de Camerone, KB renouvellecomme chaque année ses produits dérivés :porte-clé, étui pour téléphone portable, stylo-stylet...Un nouvel hors-série, “La Légionétrangère aujourd’hui, en images”, vousest proposé en coffret livre-DVD, avecune multitude de photos inédites. Voustrouverez aussi, une nouvelle frappe del’insigne du magazine Képi blanc, dont unesérie numérotée en édition limitée. Notre engagement et la volonté de vous satisfaire restent inchangés.
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Sous les ordres du général ROLLET.
Tous ceux qui ont servi au 3°REI connaissent l’importance de ce fait d’armes dans l’histoire du régiment : « Du 2 au 14 septembre, après douze jours de lutte épique, est parvenu à rompre la ligne Hindenburg sur le plateau de Laffaux, capturant un régiment entier.
Si vos activités vous le permettent, vous êtes cordialement invités à cette cérémonie du 14 septembre à 18 heures 30 sous l’arc de triomphe (tenue 21, tenue d’ancien ou tenue civile).
Signé : Général de division Christophe de SAINT CHAMAS, Commandant la légion étrangère.
Quand grondaient les canons
D'autres avancèrent pendant que d'autres mouraient au front .
C'était la grande guerre
Et quand l'apocalypse c'est fait Maitre ,
De l'oeuvre des hommes , dans les tranchées de l'enfer .
A tant de mutineries , que nulle prière
Pouvaient adoucir dans le froid de l'hiver ...
Quand grondaient les canons
L'écho sonnait la mort ,
La douleur pour linceul , témoin d'un triste sort
Ils étaient là par milliers étendus sur le sol
Mortellement touchés , sous ce poids , nos coeurs encore en frissonnent
Massacre et cruauté l'homme c'est fait indigne
D'être fils de l'humanité et l'assassin de tant de victimes .
Quand grondaient les canons
O ! ciel toi qui veillait sur l'ombre des tranchées
Bayonnette au canon et de la boue sous leurs pas
Hommage à ces soldats , enfants de la patrie
Témoins de cette guerre et d'espoirs maudits
Renaissez de vos cendres en ce saint centenaire
Et restez à jamais les ombres de cette grande guerre
Marie Quilichini
L’Afrique, zone stratégique essentielle
La France comprend que l’Afrique, bordée par la Méditerranée, le golfe de Guinée et l’Océan Indien, est sa zone d’intérêt stratégique prioritaire. Ce continent, proche de l’Europe, riche en matières premières et en pleine expansion démographique, est traversé par un courant islamiste intégriste meurtrier dont le référentiel de valeurs est radicalement différent du nôtre. Notre ministre de la Défense a d’ailleurs présenté récemment aux Etats-Unis le nouveau dispositif militaire français en Afrique subsaharienne.
La violence qui se développe au Sud est d’autant plus menaçante qu’elle peut s’appuyer en France mais aussi en Europe sur des noyaux islamistes déjà implantés.Les centaines de djihadistes français qui combattent aujourd’hui en Afghanistan, en Syrie, en Libye et dans le Sahel, comme l’a rappelé le ministre de l’Intérieur, peuvent organiser demain, contre les intérêts de la France, des actions subversives nourries d’islamisme.
Cette menace commence à être évoquée après avoir été longtemps niée. Notre pays se doit donc de préparer avec réalisme, des mesures à mettre en œuvre pour assurer, le cas échéant, la protection des Français et la neutralisation de ces noyaux terroristes.
Le caractère toujours contingent des conflits
Les engagements au Mali et en RCA ont conduit nos dirigeants à communiquer très vite sur la durée prévue de nos interventions et sur l’échéancier de réduction des forces déployées. Aucune de ces prévisions n’a été respectée. C’est ainsi que l’on compte encore plus de 2 500 soldats au Mali - ils étaient plus de 5 000 au plus fort de la crise - et que les effectifs en RCA viennent d’être renforcés récemment de 400 militaires pour tenter de stabiliser une situation très difficile dans laquelle notre pays est intervenu, à l’évidence, trop tard et avec trop peu de moyens pour une mission trop floue.
On mesure aussi combien les drones et satellites, si utiles au Mali, sont peu efficaces en RCA. Ainsi se vérifie la règle de bon sens qui veut qu’une armée dispose d’une gamme complète de moyens, en quantité suffisante, pour faire face aux multiples crises dans lesquelles elle peut être amenée à intervenir. La « caisse à outils » militaire de la France commence à être incomplète, même pour des interventions de faible niveau. Elle risque de le devenir hélas de plus en plus…
Le respect de la loi de programmation militaire (LPM) : un impératif absolu
Recevant une trentaine de présidents d’association du monde de la Défense le 9 janvier, Jean-Yves Le Drian a rappelé que les crédits prévus dans la LPM 2014-2019 devaient être mis en place intégralement, faute de quoi tout l’échafaudage visant à maintenir, dans un fragile équilibre, la cohérence de nos forces s’effondrerait. « Il faut que rien ne manque, cela ne marche que si toutes les pièces sont là ».
Il a d’ailleurs confirmé à l’ASAF qui l’interrogeait à ce sujet au cours de cette réunion, que les déclarations du président de la République, en début d’année, relatives aux économies à réaliser dans la dépense publique, ne toucheraient pas la Défense et que « les ressources seront maintenues ».
Or l’on sait que le maintien de ces ressources dépendra de la signature ou non du contrat de vente du Rafale à l’Inde, de la prise en charge ou non du coût des Opex, du montant des ressources exceptionnelles - cessions immobilières et d’actifs - effectivement allouées et du résultat du combat que déclare mener le ministre contre Bercy pour que la Défense obtienne son dû. Leur réalisation permettra donc de savoir si notre armée va brutalement perdre toute cohérence ou si elle continuera seulement de décliner doucement en attendant des jours meilleurs.
Il importe donc qu’en 2014, notre pays fasse l’effort de redressement économique nécessaire, traque les gaspillages financiers et redonne aux fonctions régaliennes de l’Etat, notamment la Défense, des moyens aujourd’hui insuffisants.
L’ASAF compte sur tous ceux qui partagent ses préoccupations d’intérêt national pour la rejoindre, s’exprimer et agir avec elle.
La REDACTION
(www.asafrance.fr)
Par Olivier Berger, grand reporter à La Voix du Nord.
La légion étrangère se porte comme un charme côté recrutement. Mais elle ne va pas passer à côté de la réforme et des déflations. En déménageant progressivement d'Orange à Carpiagne, où il remplacera le 4e régiment de dragons dissous, le 1er REC (étranger cavalerie) perdra un escadron. Même issue pour le 2e REI (étranger infanterie) de Nîmes qui va perdre une compagnie. Ce qui agace et inquiète au plus haut point le chef de la légion étrangère, le général Christophe de Saint-Chamas...
La légion étrangère, qui représente environ 7 000 hommes, ne connaît pas de soucis de recrutement, contrairement au reste de l'armée de terre. Si les candidats proviennent moins d'Europe de l'Est et des Balkans, les pays occidentaux du monde entier deviennent une source solide. Curiosité, en raison des quotas de discrimination positive en place dans l'armée sud-africaine, les volontaires afrikaners sont nombreux.
Pour le reste, les chiffres sont plus secs comme dans le reste des armées. Ainsi, en prenant la route d'Orange à Carpiagne (706 militaires, 8 civils), le 1er REC perd un escadron. Il compte trois escadrons d'AMX 10RC, un de commandement et de logistique, un d'éclairage et d'investigation et un d'aide à l'engagement (anti-char).
Pour justifier le départ d'Orange, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, avait invoqué des travaux trop importants pour accueillir les véhicules du programme Scorpion, attendus à partir de 2018-2019. Il avait valorisé les capacités d'entraînement supérieures de Carpiagne à côté de Marseille et la proximité du siège de la Légion d'Aubagne. Mais il n'avait pas évoqué cette perte.
Un autre régiment de la 6e BLB (brigade légère blindée), le 2e REI (cinq compagnies de combat, une de commandement et de logistique, une d'éclairage et d'appui, plus une de réserve) va abandonner une compagnie. L'éclairage régimentaire restant une prérogative de la cavalerie.
" Alors que le poids du soutien est le même. On touche au personnel de combat ", s'inquiète le général de Saint Chamas, patron de la Légion depuis le 1er septembre 2011.