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Présentation

  • : Le blog de l'Amicale des Anciens de la Légion Etrangère d'Indre-et-Loire
  • : Ce blog présente toutes les activités de l'Amicale. Vous êtes invités à transmettre vos textes et photos pour enrichir ce blog soit en contactant le Président soit en écrivant à zeraldavert@gmail.com
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Profil

  • AALE 37
  • Pierre LORAILLER 
- Ancien Caporal au 1er R E P et de la Police Militaire à SIDI BEL ABBES 
- Président de l’AALE d’Indre et Loire depuis le 01/01/2003 
- Délégué AALP Région Centre.
  • Pierre LORAILLER - Ancien Caporal au 1er R E P et de la Police Militaire à SIDI BEL ABBES - Président de l’AALE d’Indre et Loire depuis le 01/01/2003 - Délégué AALP Région Centre.

A.A.L.E. 37

Buts : Entretenir et développer les sentiments de camaraderie et de solidarité qui caractérisent la Légion Etrangère.

Pérenniser le souvenir du Combat de Camerone.

 

Président :

LORAILLER Pierre

Mail : zeraldavert@gmail.com

 

Composition du bureau directeur :

1er Vice-Président : SCHULLER Pierre

2e Vice-Président : Colonel FUSALBA Thierry

Secrétaire et Trésorière : THERET Nadine

 

Président d’Honneur : Général de Brigade (2S) BREUILLE Eric (Ancien Chef de Corps du 1er REG)

 

Administrateurs :  

LEBIGRE Yannick

THERMEAU Jean-Claude

 

Contrôleur aux Comptes :

BERGEOT Dominique

 

Porte-drapeaux :

BENYAHIA Hikmat

GAUTIER Dominique

 

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Musique

2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 10:28

Mise à jour : 25-09-2013 | Réf : 134

Inauguration du Bvd du Général d’Armée Jean Simon

Le mercredi 25 septembre 2013 ; le lieutenant-colonel Morvan, chef de corps, et un piquet d’honneur du  Groupement de Recrutement de la Légion étrangère ont participé à l’inauguration du Boulevard du Général d’Armée Jean Simon (1912-2003) dans le 13ème arrondissement de Paris.

 

Présidée par Monsieur Bertrand Delanoë, maire de Paris, accompagné du Colonel (h) Fred Moore,  Délégué national du Conseil national des communes "Compagnon de la Libération", la cérémonie a rendu hommage à la mémoire de cet officier de la Légion étrangère  qui s’est amplement illustré durant la seconde guerre mondiale.

 

C’est donc dans une émotion palpable que le maire de Paris, devant un public nombreux,  a dévoilé la plaque inaugurale au nom de ce  grand homme de l’histoire de France.

 

Biographie du Général d’Armée Jean Simon (1912-2003) : ici

Biographie du Colonel (h) Fred Moore : ici

Galerie Photos : ici

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2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 10:17

Samedi 21 septembre 2013

 

L'Amicale des Anciens de la Légion Etrangère du Pays d'Aix et de la Sainte Baume m'avait demandé de présenter à Aubagne au cinéma du quartier Viénot, "l'action social du général Rollet". Au moment où s’amorcent les commémorations liées au centenaire de la guerre 14 – 18, il me semble intéressant de vous proposer cette mini-conférence et de mettre sous les feux de la rampe cet homme exceptionnel, « premier légionnaire de France » le général Paul Frédéric Rollet, à l'époque chef de corps du célèbre RMLE (Régiment de Marche de la Légion Etrangère):

 

Tout commence en 1875, année qui a vu naître Paul-Frédéric Rollet. Son père affecté au 46° Régiment d’Infanterie de ligne à Auxerre est capitaine, grade attribué en 1871 à titre exceptionnel en raison de son comportement durant la guerre de 1870-71. Nul doute que l’influence de son père - pour lequel il nourrissait une véritable vénération - l’a  conduit tout naturellement à choisir le métier des armes.   Une deuxième approche paraît intéressante aussi : le fait que plusieurs fois il s’est retrouvé sous les ordres du célèbre commandant Brundsaux dont l’effigie coiffée d’un casque colonial, type Madagascar ou Dahomey,  est l’un des barbus, sentinelles  géantes qui gardent notre monument aux morts à Aubagne. Enfin au cours  de ses multiples affectations tant à Madagascar qu’en Algérie et au Maroc, il rencontra celui qui devait devenir un de ses amis: Louis, Hubert, Gonzalve Lyautey. Tous les gens qui ont eu le privilège de côtoyer le maréchal Lyautey ne pouvaient  rester indifférents au contact de cet homme exceptionnel qui était doté d’un réel pouvoir et d’un charisme hors du commun. Le jeune lieutenant Rollet, ne pouvait avoir de meilleur exemple que cet officier au caractère remarquable. Peu de temps après son entrée dans le corps des officiers, le lieutenant Lyautey avait montré sa forte personnalité en publiant audacieusement en 1891, dans la   Revue des deux mondes   le « rôle social de l’Officier »,  dans lequel il faisait connaître sa conception humaniste de l’Armée. Ce  livre  bouleversa le monde militaire et civil de l’époque et influença toute une génération d’officiers.

 

Cependant, pour ce qui  est de l’action sociale du général Rollet, ce n’est qu’à partir de 1925, lorsqu’il est chef de corps du 1er Régiment Etranger d’Infanterie que se fait ressentir une réelle nécessité d’organiser « l’après Légion » des légionnaires rendus à la vie civile. C’est pour lui une vraie prise de responsabilité; l’inexistence d’une action sociale légionnaire lui apparaît comme un vide. Un constat simple s’offre à nous, il suffit d’ouvrir le fameux « livre d’or de la Légion étrangère » celui de 1931. Il comprend très exactement 374 pages et seules 2 d’entres-elles sont réservées aux « œuvres d’entraide et d’assistance, sociétés d’anciens légionnaires », la FSALE de l’époque et encore, en y retirant le superflu et l’inutile, il reste bien peu de place proprement dite à l’action sociale.

 

Bien entendu qu’il existait le « Centre de repos d’Arzew » qui durera, d’ ailleurs 34 ans, celui de Salé au Maroc, un « centre d’hébergement » de 20 lits à Marseille au 21 rue des 13 escaliers et en 1933, la maison de retraite d’Auriol dite « le petit village international de la Vède ». Bien entendu aussi que de nombreux libérés restaient en Algérie ou au Maroc,  mais avec un effectif de plus de vingt mille hommes, la légion « lâchait », chaque mois sur le port de Marseille, près d’une centaine de nouveaux « anciens légionnaires » qui se retrouvaient livrés à eux-mêmes .

 

Lorsqu’éclate en 1929, la crise économique mondiale, une incontrôlable vague de chômage déferla sur l’Europe. Cette situation ne pouvait arranger les situations des légionnaires « rendus » à la vie civile.

 

 Pour mieux appréhender les répercussions de cette débâcle mondiale sur la vie des anciens légionnaires en France métropolitaine, le Général demande en 1932, au capitaine Rollin, patron du Service d’Immatriculations de la Légion à Marseille, de faire une étude minutieuse et sans concession sur les conditions dans lesquelles s’effectuent le retour à la vie civile des légionnaires et surtout sur les améliorations possibles à y apporter.

 

Entretenant d’étroites relations avec les amicales, le capitaine Rollin s’acquitte de sa mission et rend compte peu de temps après au Général du résultat de ses investigations: le constat qui en résulta était des plus sévères et surtout sans appel ! C’était celui d’un horrible parcours du combattant que constituaient, les formalités administratives pour des étrangers qui n’avaient pas connaissance de leurs droits, qui maitrisaient mal la langue française et qui ne savaient où et à qui s’adresser.

 

Une évidence s’imposait: le grand besoin pour les libérés d’être soutenus, seuls ils ne pouvaient et ne savaient bénéficier de leurs droits.

 

Le Général était persuadé  que la Légion ne pouvait continuer à se désintéresser du sort de ses anciens serviteurs d’autant qu’il était convaincu que porter une aide conséquente aux anciens se répercuterait  sur le moral des légionnaires en activité de service qui verraient, avec grand soulagement, l’occasion de ne plus penser avec appréhension au moment de leur départ de la Légion. C’est aussi   cela, précise-t-il, l’esprit de famille légionnaire.

 

Ces hommes déchargés de leur service légionnaire ne comprenaient pas  qu’ils ne puissent trouver à leur libération, une aide officielle organisée, dans un pays à la grandeur duquel ils ont donné de leur temps par au moins 5 ans d’une vie très dure payant au prix fort de leur sang versé.

 

Dans le mensuel « La Légion étrangère » en 1931, un ancien adjudant s’exprime en ces termes: « Dois-je mendier dans la rue, moi, ancien légionnaire avec 11 ans de service, médaillé militaire, ou me laisser arrêter pour vagabondage, puis reconduire à la frontière entre deux gendarmes, ou bien dois-je me suicider ? »

 

Conscient de la gravité  de la situation, le Général décide d’appliquer son axe d’effort, dans un premier temps, sur les objectifs suivants:

  • Souci de donner aux retraités et réformés les moyens d’une nouvelle existence à l’abri de la misère,
  • Maintenir « l’esprit Légion » entre les anciens en créant des liens qui les attachent à la famille légionnaire
  • Meilleur passage de la vie militaire à la vie civil ;

 

L’entraide légionnaire: 

 

L’entraide légionnaire était devenue pour le Général une priorité. Il fallait défendre et appliquer l’idée  que le « libéré » puisse trouver du travail, élément indispensable à sa bonne intégration dans un milieu civil sans concession du fait même que celui-ci connaissait une crise économique sans précédent.

 

Cependant, cette œuvre d’entraide s’avéra d’emblée plus complexe à organiser que prévu et la première des difficultés et non des moindres, était  de réunir les fonds nécessaires sans lesquels aucune action sociale n’est possible.

 

Le capitaine Rollin, concluant une seconde étude estimait que l’action sociale ne pouvait perdurer que si : elle devenait une mission prioritaire et surtout, qu’elle devait être  totalement indépendante des amicales et sociétés d’anciens légionnaires qui n’arrivaient pas  à se fédérer, se concurrençaient maladroitement et surtout n’arrivaient pas à s’organiser.

 

Fort de ce constat, le fil conducteur qui guida le Général se concrétisa par les actions suivantes :

  • Procurer un travail avec contrat d’embauche;
  • Orienter ceux qui ne veulent pas se fixer en région marseillaise;
  • Maintenir le contact avec tous les anciens légionnaires;
  • Offrir un refuge aux retraités et réformés;
  • Créer des points d’accueil pour les formalités administratives à Marseille et à Paris;
  • Étudier les modifications à apporter aux lois et règlements en vigueur;
  • Solliciter les offres d’emploi et les centraliser;
  • Intervenir et garder en permanence le contact avec le ministère du travail;
  • Se procurer les ressources de fonctionnement de ce volet social, les répartir entre les centres d’hébergement;
  • Contrôler l’emploi des fonds pour chacun de ces centres;
  •  

C’était pour le « Père des légionnaires » un autre et nouveau combat ; celui, cette fois-ci, contre l’égoïsme et l’indifférence

 

Le rayonnement du général Rollet a fait énormément pour stimuler et sacraliser les liens entre la Légion d’active et celle des anciens.

 

En conclusion, que pouvons nous retenir du « rôle social » du général Rollet ou quelles ont été les actions menées sous son influence ?

 

 Ce que l’action s’est concrétisée autour de :

  • L’abolition du « maquis » des formalités administratives,
  • La mise à jour des livrets individuels,
  • Les rappels de soldes et de primes,
  • L’établissement des pensions de retraite ou de réforme qui étaient des plus négligés et en particulier pour les réformes d’affections pour lesquelles la présomption d’origine ne pouvait être établie,
  • Le pécule de libération,
  • L’habillement des libérés en vêtements civils corrects et décents, autres que le costume dit « Clémenceau » sans col.
  • Les conditions de transport différents de ceux qui consistaient à partager les fonds de cale avec les bestiaux…
  • Les attributions de titre de transport et titres liés aux frais de voyage,
  • La facilité de résider en France pour les anciens de nationalité étrangère avec la possibilité, certificat de bonne conduite obtenu, de se faire attribuer  une carte de séjour,
  • Les aides financières aux centres à travers de nombreuses sources comme à titre d’exemple la loterie nationale, zone d’influence des « Gueules cassées »,
  • Et enfin un soutien permanent aux mobilisés par l’intermédiaire des amicales et des sociétés d’anciens légionnaires.
  •  

Dès 1939, ses ennuis de santé  deviennent plus fréquents, plus graves, et plus préoccupants ce qui oblige le Général à réduire considérablement ses activités mais ne l’empêche pas de continuer à s’intéresser de près au bureau d’accueil des anciens légionnaires, des Invalides, d’assurer les présidences des « Amis de la Légion » ainsi que celle des « Gueules cassées ».

 

Le 15 avril 1941, le général Rollet s’entretient encore avec quelques intimes des problèmes du moment, sans avoir perdu confiance en lui.

Le 16 au petit matin, il rend le dernier soupir, sans s’être vu mourir.

En supplément permettez-moi de vous présenter un petit texte du maréchal Lyautey qui pourrait parfaitement être d’actualité:

« Ce n’est plus un mystère que chez nous l’éducation du citoyen reste à faire. La démocratie l’appelle et l’exige.

A défaut, la liberté dégénère en licence, l’ordre public est troublé, l’autorité bafouée.

Aucune construction politique, aucune doctrine économique, aucun régime social, même le plus généreux, ne vaudront si le citoyen fait un usage insensé de la parcelle de souveraineté dont il dispose.

L’intérêt national n’a que trop souffert de ce manque d’éducation.

Il est grand temps d’y songer si l’on veut empêcher le pays de rouler aux abîmes. »

C’est écrit en 1891. Il y a 122 ans.

 

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2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 10:09

 

L'été qui vient de s'achever a été marqué, comme souvent, par son intensité pour la communauté militaire en général et la Légion étrangère en particulier. Les engagements opérationnels ont été soutenus, quelques mois après le retour du 2e REP.

 

Le 2e REI et le 1er REC aux ordres de leurs chefs de corps respectifs, ainsi que des unités du 1er REG, ont rempli des missions passionnantes, au Mali et en République de Côte d'Ivoire, dans des conditions particulièrement exigeantes.

 

Assurant la continuité et la pérennité de la Légion étrangère, les unités du socle ont accueilli et sélectionné sans interruption des candidats, instruit et ventilé des engagés volontaires tout en continuant à qualifier des stagiaires de tous types au sein du 4e RE, creuset de la formation.

 

Simultanément, dans nos garnisons, les régiments ont vu partir les mutés avant d'accueillir les nouveaux affectés aux têtes souvent déjà bien connues. L'expérience acquise et solidement maîtrisée par les uns cède la place à l'ardeur renouvelée des autres, prêts à mettre toute leur énergie au service des responsabilités qui les attendent.

 

Tout récemment, lors de la disparition d'un officier de Légion au destin hors du commun, le commandant Hélie Denoix de Saint Marc, historiens, écrivains, journalistes, amis et anciens ont exprimé avec talent et conviction ce qu'il représentait pour eux. La Légion étrangère souhaite à son tour rendre hommage à ce grand soldat, à ce chef charismatique au destin unique, à cet officier qui a servi tant d'années dans les rangs de la Légion étrangère, en Indochine puis en Algérie.

 

Dignitaire de la Légion d'honneur, les honneurs militaires lui ont été rendus par la Légion étrangère, légitimement désignée pour la cérémonie.

 

Derrière le général d'armée Ract-Madoux, chef d'État-major de l'armée de Terre, représentant le gouvernement, une foule très nombreuse est venue assister à cet hommage. À la délégation officielle s'est ajoutée celle des anciens combattants parmi lesquels une splendide cohorte d'anciens légionnaires.

 

De nombreux frères d'armes qui avaient sauté ou crapahuté avec lui, servi à ses côtés ou sous ses ordres, le plus souvent au combat, sont venus le saluer une dernière fois. Ils voulaient honorer le résistant, le légionnaire parachutiste, le grand soldat, mais aussi, le chef qui avait connu des situations tragiques dans l'exercice du commandement, et qui l'avaient amené à faire un choix lourdement condamné dont il avait accepté les conséquences, pour sa carrière, sa famille et sa vie toute entière.

 

N'étant pas contemporain de ses frères d'armes mais de ceux qui ont trouvé dans ses récits et témoignages, l'envie de servir la France, j'ai pu mesurer, comme beaucoup d'autres, son désintéressement et son extrême honnêteté. Et les cas de conscience qu'il a vécus ont permis aux générations suivantes de réfléchir sur le rôle du combattant, du sous-officier, de l'officier. Jamais, il n'a présenté ses décisions comme exemplaires, expliquant avec sagesse et profondeur qu'il avait été amené à faire le choix de son honneur au détriment de la discipline. Jamais il n'a porté de jugement de valeur sur les sanctions qui lui ont été infligées ou sur le choix que d'autres ont fait dans ces situations particulièrement complexes.

 

À de nombreuses reprises, des légionnaires, des anciens, se sont demandé pourquoi cet offi cier au destin exceptionnel n'avait pas été mis à l'honneur un 30 avril pour porter la main du capitaine Danjou lors de la cérémonie commémorative du combat de Camerone. La question fut pourtant abordée avec lui. De même qu'il avait défendu ses subordonnés en expliquant qu'on ne pouvait reprocher à un légionnaire d'avoir obéi à son chef, il jugea opportun pour la Légion étrangère, de ne pas mettre en avant un officier qui avait un jour manqué à la discipline. Il pensait avec raison que la Légion étrangère ne pouvait laisser croire qu'elle cautionnait un geste d'indiscipline, quelles qu'en soient les raisons. Il nous rappelait que la discipline était une valeur qu'il fallait cultiver et entretenir à chaque instant dans nos rangs.

 

Avec tous les légionnaires et anciens, je dis simplement : "Mes respects Mon commandant, vous qui avez porté pendant tant d'années ce grade qui résume à lui seul votre carrière marquée par un choix de commandement, réfléchi et assumé".

 

Général Christophe de Saint Chamas,
commandant la Légion étrangère

Source : Képi Blanc magazine

 

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26 septembre 2013 4 26 /09 /septembre /2013 19:05
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26 septembre 2013 4 26 /09 /septembre /2013 18:35

Hommage au courage présent et passé...

Avec la fin de la période estivale s'achèvent les dernières passations de commandement régimentaires au 3e REI, à la 13e DBLE et au DLEM, ainsi que dans les unités élémentaires. Place à présent à l'opérationnel, avec le "GTIA Légion" toujours engagé au Mali dans le cadre de l'opération Serval. KB consacre ce mois-ci un dossier complet sur les dernières opérations menées aux frontières du Sahara où sont engagés les légionnaires du 2e REI, du 1er REC et du 1er REG, renforcés d'éléments du 2e REG, du 1er RE et du 4e RE.

 

Dans le cadre de la préparation opérationnelle, un focus présente également l'instruction sur le tir de combat (IST-C). Depuis 2004, cette nouvelle méthode pédagogique a pour but d'apprendre aux militaires à vivre avec leur arme et à en maîtriser l'usage le moment venu. L'adoption de cette méthode vise à améliorer l'efficacité au tir à l'arme de dotation, tout en augmentant la sécurité du personnel, tant à l'instruction qu'en opérations et au combat.

 

Képi blanc salue la mémoire d'un officier de Légion, le commandant Hélie Denoix de Saint Marc, légende du monde combattant, qui a fait son dernier voyage le 26 août dernier, au lendemain du 69e anniversaire de la Libération de Paris, lui qui s'était engagé à 19 ans dans la Résistance. Porté par des légionnaires, son cercueil recouvert du drapeau tricolore a quitté la place Saint-Jean à Lyon, devant plus de 1 000 personnes venues lui rendre hommage.

 

Une vie complexe au destin exceptionnel : des camps de concentration de Buchenwald à son arrivée à la Légion étrangère, de l'Indochine à l'Algérie, du silence à l'écriture. Il était l'homme qui incarnait la grandeur et la servitude de la vie militaire. Un soldat qui, en quelques livres devint un écrivain primé et reconnu. Il savait relater dans ses récits des faits d'armes oubliés, et mettre en avant des "héros anonymes, des sans grade" pour reprendre l'expression chère à Erwan Bergot. Ses mémoires, "Les Champs de braise", incarnaient parfaitement les valeurs de l'armée. "Tu as préféré l'honneur aux honneurs", témoignaient ses quatre filles en sa mémoire.

 

Bonne lecture à tous.

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26 septembre 2013 4 26 /09 /septembre /2013 17:25

La dimension stratégique des effectifs

 

80 000 suppressions en moins de 10 ans

Alors que le nombre de jeunes au chômage ne cesse de croître, les armées sont contraintes de diminuer leurs effectifs au prétexte de la situation catastrophique de nos finances publiques. Hélas, dans ce domaine, alors que la part du budget de l’Etat consacrée à la Défense a été divisée par deux en moins de 30 ans, aucune amélioration ne s’est produite, bien au contraire.

Déjà, une réduction de 44 000 hommes a été réalisée au cours des 4 dernières années. Le Livre blanc de 2013 prévoit la poursuite des suppressions programmées antérieurement, soit un « reliquat » de 10 000 hommes, et en annonce 24 000 de plus ! Ce seront donc près de 80 000 hommes, c'est-à-dire le ¼ des effectifs de l’armée professionnelle, qui aura disparu en moins de 10 ans pour, paraît-il, s’adapter et mieux faire face aux nouvelles menaces dans l’avenir !

 

 

L'esprit militaire dilué

Ces coupes claires touchent en priorité des jeunes militaires sous contrat à durée déterminée qui sont remplacés par des civils bénéficiant du statut de fonctionnaire, à moins que leurs tâches ne soient externalisées et confiées à des entreprises civiles.

Ainsi, inexorablement, l’armée se démilitarise et s’affaiblit sous le double effet de la réduction massive et continue de ses effectifs et du transfert de nombre de ses tâches « de soutien » à des non militaires. Les unités opérationnelles sont progressivement noyées dans un environnement fonctionnarisé et souvent syndiqué où les notions de disponibilité immédiate et d’engagement opérationnel n’ont pas le même sens

 

 

Des conflits toujours plus long

Comment justifier ces nouvelles réductions dans le budget de la Défense, alors que les menaces se multiplient dans nos zones d’intérêts stratégiques et que notre pays se trouve fragilisé par une perte de cohésion et une insécurité croissantes ?

Qui ne voit que tous les conflits dans lesquels la France est actuellement engagée s’inscrivent dans la durée : 35 ans au Liban, plus de 20 ans dans les Balkans et 10 années en Afghanistan ? Combien de temps resterons-nous au Mali ? Nous savons qu’il ne peut y avoir de stabilité dans ce pays sans la présence de forces françaises d’autant que la rivalité nord-sud dans la bande sahélienne n’est pas prête de disparaître !

 

 

Des opérations "plus lourdes"

Faut-il rappeler que s’il fallait 300 hommes en 1960 pour régler une crise dans un « pays du champ », il en fallait 3 000 au Tchad, 10 ans plus tard, et près de 5 000, aujourd’hui, au Mali, sans compter nos alliés tchadiens, européens et américains, face à un adversaire qui, pour une part, a refusé le combat et s’est évanoui dans les pays limitrophes !

Or, comme on le voit en Libye, il n’y a pas de solution politique possible à une crise sans engagement au sol pour contrôler les milieux géographique et humain.

 

 

Des forces pré-positionnées à renforcer

Dans le cadre d’une stratégie de prévention des crises en Afrique subsaharienne et compte tenu des distances importantes qui nous en séparent, ne faut-il pas accroître le nombre de nos implantations militaires dans cette région ? Il y aurait à cela au moins trois avantages : dissuader les tentatives de prise de pouvoir par la force de quelques rebelles ou miliciens, réduire les délais d’intervention et les besoins en capacité de projection et, enfin, permettre aux forces françaises d’avoir une connaissance approfondie du terrain et des forces locales avec lesquelles elles s’entraîneraient plus fréquemment.

La mise en place d’un tel dispositif nécessiterait de nouveaux effectifs déployés sur le terrain.

 

 

Des forces spéciales à préserver

Enfin, comment peut-on augmenter les effectifs des forces spéciales tout en réduisant le vivier dans lequel se fait l’essentiel de leur recrutement, c’est-à-dire les forces conventionnelles, sans abaisser leur niveau de sélection et donc leur qualité ?

Par ailleurs, tout chef militaire sait que des forces spéciales, agissant avec de faibles effectifs et sans moyens lourds, ne peuvent remplir les missions des forces conventionnelles engagées sur une vaste zone et pendant plusieurs mois de manière autonome.

 

 

Armées : danger d'implosion

Les capacités des armées sont très diversifiées et complémentaires mais chacune d’elle atteint maintenant un niveau d’échantillon. C’est très visible pour la Marine et l’armée de l’Air dont les matériels ne peuvent être confondus (sous-marins et frégates, Rafale et Transall).Mais pour l’armée de Terre, combien savent qu’elle ne compte plus aujourd’hui que 8 brigades « de combat », interarmes dont 2 sont blindées, 2 mécanisées, 2 à vocation amphibie, 2 légères : une de montagne et une parachutiste.

La dissolution annoncée de l’une d’entre elles, menace l’équilibre précaire de nos capacités de projection et de relève de nos forces.

L’impasse vers laquelle nous nous précipitons en matière de Défense est-elle vraiment dans l’esprit de la 60ème proposition du candidat devenu président de la République :

« Je veillerai à ce que les armées disposent des moyens de leur mission et d’une organisation performante»?

 

 

Rédaction de l’ASAF - (www.asafrance.fr)

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7 septembre 2013 6 07 /09 /septembre /2013 15:08

La Nouvelle République

06/09/2013 05:38

 

Hier matin, la prise de commandement s'est déroulée à la base aérienne 705 de Tours. Le colonel Cyrille Duvivier succède ainsi au colonel Bernard Lebrun, à la tête de plus de 2.500 personnes. C'est le chef d'état-major de l'armée de l'air, le général Denis Mercier, qui a présidé la cérémonie. Le défilé des quatre compagnies a été parfaitement survolé par trois Alphajet de l'école de chasse de la base. « Vous reconnaissez désormais pour votre chef le colonel Cyrille Duvivier, ici présent, et vous lui obéirez pour tout ce qu'il commandera, pour le succès des armes de la France », a énoncé le chef d'état-major. Interrogé par la presse, celui-ci a précisé que la réflexion sur l'évolution de l'école de chasse et son départ probable pour Cognac faisait partie de la réorganisation à venir. « La décision sera prise à partir de l'été 2014, mais la base ne fermera pas. »

 

Le colonel Duvivier était précédemment affecté au cabinet du ministre de la Défense. Agé de 43 ans, il totalise 2.400 heures de vol.


Cinq militaires ont été distingués dans divers grades de la Légion d'honneur et un pilote a reçu la médaille aéronautique.

 

Le colonel Duvivier sera le grand témoin de NR Dimanche.

A. A.
 
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Pierre Lorailler, le Président de l'AALE 37 et Louis Richard, Porte-drapeaux étaient présents à la cérémonie.
 
Un nouveau commandant à la Base Aérienne 705
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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 17:07
Résistant, déporté, combattant, «putschiste», détenu et finalement réhabilité… Hélie de Saint Marc, officier au grand cœur, a vécu plusieurs vies, passant de la condition de soldat perdu au statut de héros. Rue des Archives/Louis Monier.

Résistant, déporté, combattant, «putschiste», détenu et finalement réhabilité… Hélie de Saint Marc, officier au grand cœur, a vécu plusieurs vies, passant de la condition de soldat perdu au statut de héros. Rue des Archives/Louis Monier.

L'ancien officier s'est éteint ce matin à l'âge de 91 ans à La Garde-Adhémar, dans la Drôme. Il était devenu plus qu'un écrivain à succès, une référence morale et historique.

 
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Hélie de Saint Marc, qui vient de mourir, connut un destin exceptionnel. Ne serait-ce que parce qu'au cours de sa longue vie il fut successivement l'homme de l'humiliation, de l'engagement, de la proscription avant d'être finalement réhabilité.

Humiliation: au printemps 1940, un adolescent assiste à Bordeaux à l'arrivée de l'armée française en déroute. Peu après, il entre dans la Résistance, décide de gagner l'Espagne, avant d'être arrêté dans les Pyrénées et déporté en Allemagne, au redoutable camp de travail de Langenstein.

 
 

Engagement: en 1945, un rescapé mal à l'aise dans la France de la Libération délaisse le statut que peut lui conférer son passé incontestable de résistant déporté, pour endosser la défroque mal taillée d'officier de la Légion étrangère. Avec l'armée française, il plonge dans une guerre incertaine en Indochine.

Proscription: en avril 1961, le commandant en second du 1er REP choisit la sédition pour protester contre la politique algérienne du général de Gaulle. Après l'échec du putsch, il connaît la prison.

Réhabilitation: longtemps, Hélie de Saint Marc reste silencieux, muré dans ses souffrances, acceptant son manteau de paria. Jusqu'à ce que l'amitié quasi paternelle qu'il porte à son neveu, l'éditeur Laurent Beccaria, le pousse à accepter de témoigner.

 
En 1989, Hélie Denoix de Saint Marc témoigne dans l'émission Apostrophes en 1989, après la sortie de sa biographie.

L'ancien officier, sorti de prison en 1966, qui vit paisiblement à Lyon, en pratiquant avec bonheur l'art d'être grand-père, devient en quelques livres l'icône d'un pays en mal de références.

Un mélange de tradition et de liberté

Hélie Denoix de Saint Marc incarnait la grandeur et la servitude de la vie militaire. De tout, il tirait des leçons de vie. Il relatait des faits d'armes oubliés, décrivait des héros inconnus. Il avait fait du Letton qui lui avait sauvé la vie à Langenstein, de son frère d'armes l'adjudant Bonnin mort en Indochine, du lieutenant Yves Schoen, son beau-frère, de Jacques Morin, son camarade de la Légion, des seigneurs et des héros à l'égal d'un Lyautey, d'un Bournazel, d'un Brazza. Au fil de souvenirs élégamment ciselés, il dessinait une autre histoire de France, plus humaine, plus compréhensible que celle des manuels scolaires.

Écouter ou lire Saint Marc, c'était voir passer, par la grâce de sa voix étonnamment expressive et de sa plume sensible et claire, une existence riche et intense.

Né en 1922, Hélie Denoix de Saint Marc était un fruit de la société bordelaise de l'avant-guerre, et de l'éducation jésuite. Il avait été élevé dans un mélange de tradition et de liberté (n'est-ce pas le directeur de son collège qui l'avait poussé à entrer dans le réseau Jade-Amicol?). De sa vie dans les camps, de son expérience de l'inhumanité, de ses séjours en Indochine, puis en Algérie, il faisait le récit sobre et émouvant, jusqu'aux larmes. Et de son geste de rébellion, il parlait toujours avec retenue, mezza voce, comme s'il était encore hanté par les conséquences de celui-ci.

Ses milliers de lecteurs, ses admirateurs, tous ceux qui se pressaient à ses conférences, aimaient en lui ceci: par son histoire se retrouvaient et se réconciliaient plusieurs France: celle de la Résistance, celle de la démocratie chrétienne et celle de l'Algérie française. Aux diverses phases de son existence, Saint Marc avait su donner une unité, en martelant: «Il n'y a pas d'actes isolés. Tout se tient.» C'était un être profond qui cherchait davantage à comprendre qu'à condamner. D'une conversation avec lui, on tirait toujours quelque chose sur soi-même, sur ses passions, ses tentations ou ses errements.

Cortège d'horreur, d'héroïsme et de dilemmes

La grande leçon qu'administrait Saint Marc, c'était que le destin d'un homme - et plus largement celui d'un pays - ne se limite pas à une joute entre un Bien et un Mal, un vainqueur et un vaincu. Il avait comme personne connu et subi la guerre, avec son cortège d'horreur, d'héroïsme et de dilemmes: en Indochine, que faire des partisans auxquels l'armée française avait promis assistance, maintenant qu'elle pliait bagage? En Algérie, que dire à ses hommes en opération, alors que le gouvernement avait choisi de négocier avec le FLN?

Son parcours chaotique, abîmé, toujours en quête de sens, n'avait en rien altéré sa personnalité complexe et attachante qui faisait de lui un homme de bonne compagnie et lui valait des fidélités en provenance des horizons les plus divers.

Hélie Denoix de Saint Marc, en novembre 2011.

 

L'une d'elles, parmi les plus inattendues (et, au fond, des plus bouleversantes), s'était nouée il y a une dizaine d'années avec l'écrivain et journaliste allemand August von Kageneck. Cet ancien officier de la Wehrmacht avait demandé à s'entretenir avec son homologue français. Leur conversation, parsemée d'aveux et de miséricorde, devint un livre, Notre histoire (2002). Kageneck était mort peu de temps après, comme si avoir reçu le salut (et pour ainsi dire l'absolution) d'un fraternel adversaire l'avait apaisé pour l'éternité. Sa photo en uniforme de lieutenant de panzers était dans le bureau de Saint Marc, à côté de celle de sa mère, qu'il vénérait.

Rien d'un ancien combattant

D'autres admirations pouvaient s'exprimer dans le secret. Ce fut le cas dès son procès, où le commandant de Saint Marc suscita la curiosité des observateurs en se démarquant du profil convenu du «réprouvé». Des intellectuels comme Jean Daniel, Jean d'Ormesson, Régine Deforges, Gilles Perrault, un écrivain comme François Nourissier lui témoignèrent leur estime. Se souvient-on que ses Mémoires, Les Champs de braises, furent couronnés en 1996 par le Femina essai, prix décerné par un jury de romancières a priori peu sensibles au charme noir des traîneurs de sabre?

En novembre 2011, Hélie de Saint Marc fut fait grand-croix de la Légion d'honneur par le président de la République. Dans la cour des Invalides, par une matinée glaciale, le vieil homme recru d'épreuves et cerné par la maladie reçut cette récompense debout, des mains de Nicolas Sarkozy. Justice lui était faite. Commentant cette cérémonie, il disait d'une voix où perçait une modestie un brin persifleuse: «La Légion d'honneur, on me l'a donnée, on me l'a reprise, on me l'a rendue…»

Le 28 novembre 2011, Nicolas Sarkozy remet la grand-croix de la Légion d'honneur à Hélie Denoix de Saint Marc.

 

À ces hommages s'ajoutèrent au fil des ans les nombreux signes de bienveillance de l'institution militaire (notamment grâce à une nouvelle génération d'officiers libérée des cas de conscience qui entravaient leurs aînés), qui furent comme un baume au cœur de cet homme qui prenait tout avec une apparente distance, dissimulant sa sensibilité derrière l'humour et la politesse.

Histoire authentique ou apocryphe, il se raconte qu'un jour l'ex-commandant de Saint Marc avait été accosté par une admiratrice qui lui avait glissé: «Je suis fière d'habiter la France, ce pays qui permet à un ancien putschiste de présider le Conseil d'État.» La bonne dame confondait Hélie avec son neveu Renaud (aujourd'hui membre du Conseil constitutionnel). Cette anecdote recèle quelque vérité. La France contemporaine l'avait pleinement adopté, ayant compris que cet homme lui ressemblait, avec ses engagements heureux ou tragiques, ses zones d'ombre, ses chagrins et ses silences.

Hélie de Saint Marc n'avait rien d'un «ancien combattant». S'il avait insolemment placardé à la porte de son bureau le mandat d'arrêt délivré contre lui en mai 1961, il parlait de ceux qui avaient été ses adversaires avec mansuétude. Quand un article lui était consacré dans Le Figaro, il ne manquait jamais de demander à son auteur, avec ironie: «Avez-vous eu une réaction des gaullistes?» Son épouse, Manette, et leurs quatre filles s'attachaient à lui faire mener une vie tournée vers l'avenir. Il n'était pas du genre à raconter ses guerres, s'enquérant plutôt de la vie de ses amis, les pressant de questions sur le monde moderne, ses problèmes, ses défis. Ce vieux soldat bardé d'expériences comme d'autres le sont de diplômes n'avait jamais renoncé à scruter son époque pour la rendre un tant soit peu plus intelligible.

Énigme insondable

L'existence humaine restait pour lui une énigme insondable. À Buchenwald, Saint Marc avait laissé la foi de son enfance. L'éclatement de tout ce qui avait été le socle de son éducation l'avait laissé groggy. Une vie de plus de quatre-vingt-dix ans n'avait pas suffi pour reconstituer entièrement un capital de joie et d'espérance. C'était un être profondément inquiet, qui confessait que sa foi se résumait à une minute de certitude pour cinquante-neuf de doute. Le mal, la souffrance, le handicap d'un enfant, ces mystères douloureux le laissaient sans voix.

Attendant la fin, il confiait récemment avec un détachement de vieux sage: «La semaine dernière, la mort est encore passée tout près de moi. Je l'ai tout de suite reconnue: nous nous sommes si souvent rencontrés.»

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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 17:01
Eloge funèbre du Cdt Hélie Denoix de Saint-Marc prononcée par le Général d'Armée (2S) Bruno Dary le 30 août 2013
Eloge funèbre du Cdt Hélie Denoix de Saint-Marc prononcée par le Général d'Armée (2S) Bruno Dary le 30 août 2013
Eloge funèbre du Cdt Hélie Denoix de Saint-Marc prononcée par le Général d'Armée (2S) Bruno Dary le 30 août 2013
Eloge funèbre du Cdt Hélie Denoix de Saint-Marc prononcée par le Général d'Armée (2S) Bruno Dary le 30 août 2013
Eloge funèbre du Cdt Hélie Denoix de Saint-Marc prononcée par le Général d'Armée (2S) Bruno Dary le 30 août 2013
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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 16:42

Le commandant Hélie Denoix de Saint Marc nous a quitté le 26 Août 2013 à 8h30 à La Garde-Adhémar dans la Drôme.

Il a connu de terribles épreuves : la Résistance à 19 ans, la déportation à Buchenwald, deux guerres outre-mer, la prison après le putsch d’Alger. Ce résistant, survivant de la déportation, était aussi auteur de nombreux livres.

 

Les obsèques se sont déroulées le Vendredi 30 Août 2013 à 15 H 00 en la cathédrale Saint Jean de Lyon, la messe a été célébrée par le Cardinal BARBARIN et ont été suivis des honneurs militaires sur le parvis de la cathédrale, avec la musique de la Légion étrangère.

 

Décès du résistant et putschiste en Algérie, Hélie de Saint Marc

 

Le résistant et putschiste en Algérie Hélie Denoix de Saint Marc est décédé ce lundi matin dans la Drôme à l’âge de 91 ans

Déporté à Buchenwald en 1943, Hélie Denoix de Saint Marc avait combattu en Indochine, puis participé au putsch manqué d’avril 1961 en Algérie à la tête du 1er régiment étranger de parachutistes (REP, Légion étrangère) ce qui lui avait valu d’être condamné à dix ans de détention criminelle.

C'était l'homme d'un parcours français, partagé entre grandeur et zones d'ombre.

Il avait été élevé en novembre 2011 à la dignité de grand’croix de la Légion d’honneur, la plus haute distinction de la République, par Nicolas Sarkozy dans la cour d’honneur des Invalides. Acteur de plusieurs pages de l’Histoire contemporaine, de la Résistance à la guerre d’Algérie en passant par la guerre d’Indochine, il avait ensuite témoigné dans des livres à succès.

Né le 11 janvier 1922 à Bordeaux dans une grande famille bordelaise, Hélie Denoix de Saint Marc s’était engagé dans la Résistance à 19 ans. Arrêté en juillet 1943 par la Gestapo, il avait été envoyé dans le camp de Langenstein à Buchenwald dans un convoi d’un millier de déportés, dont une trentaine seulement survécurent.

Il avait rejoint la Légion étrangère après la guerre en 1945. Il a servi à trois reprises en Indochine, où il avait participé à de violents combats entre 1948 et 1954.

Commandant par intérim du 1er Régiment étranger de parachutistes (REP) en Algérie, il s’était rallié au putsch des généraux hostile à la politique du général de Gaulle.

Condamné à dix ans de réclusion après l’échec du putsch, il avait été interné pendant cinq ans, avant d’être gracié en décembre 1966, puis réhabilité en 1978 dans ses droits civils et militaires.

En 1995, ses mémoires, Les Champs de braises, ont obtenu le prix Femina de l’essai. Suivront une dizaine d’ouvrages, dont Notre histoire, 1922-1945 (2002), en collaboration avec un écrivain et ancien officier allemand, August von Kageneck.

Dans Les Sentinelles du soir (1999), il résume sa vie d'un trait de plume qui agrège toutes les contradictions et les questionnements de l'homme face à sa vie et d'un soldat face à l'Histoire : " Peu de bonheurs dans cette vie m'auront été donnés sans douleur : l'aventure de la Résistance a débouché sur l'humiliation de la déportation, l'éblouissement de l'Indochine a été recouvert par l'ombre de la défaite, l'espoir de la réconciliation algérienne s'est éteint avec le putsch et la prison, en liberté, j'avais rendez-vous avec la maladie... (...) Comme tous mes camarades, j'ai dû continuellement recoller ensemble des bribes d'Histoire qui me faisaient souffrir. "

" L'homme qui a vu l'autre côté du monde ne peut plus vivre à bon compte ", écrivait-il encore. Hélie de Saint Marc a rejoint cet autre côté.

Avec AFP

 

Décès du Commandant Hélie Denoix de Saint Marc
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