Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de l'Amicale des Anciens de la Légion Etrangère d'Indre-et-Loire
  • : Ce blog présente toutes les activités de l'Amicale. Vous êtes invités à transmettre vos textes et photos pour enrichir ce blog soit en contactant le Président soit en écrivant à zeraldavert@gmail.com
  • Contact

Profil

  • AALE 37
  • Pierre LORAILLER 
- Ancien Caporal au 1er R E P et de la Police Militaire à SIDI BEL ABBES 
- Président de l’AALE d’Indre et Loire depuis le 01/01/2003 
- Délégué AALP Région Centre.
  • Pierre LORAILLER - Ancien Caporal au 1er R E P et de la Police Militaire à SIDI BEL ABBES - Président de l’AALE d’Indre et Loire depuis le 01/01/2003 - Délégué AALP Région Centre.

A.A.L.E. 37

Buts : Entretenir et développer les sentiments de camaraderie et de solidarité qui caractérisent la Légion Etrangère.

Pérenniser le souvenir du Combat de Camerone.

 

Président :

LORAILLER Pierre

Mail : zeraldavert@gmail.com

 

Composition du bureau directeur :

Président d’Honneur : Général de Brigade (2S) BREUILLE Eric (Ancien Chef de Corps du 1er REG)

Vice-Président : BERTHE Francis  (Ancien du 2ème REP)

Secrétaire et Trésorière : Mlle THERET Nadine

 

Administrateurs :  

DUPUIS Rémi

LEBIGRE Yannick

 

Contrôleur aux Comptes :

Lieutenant-Colonel LANGUIN Jean-Paul 

Adjoint : BARRE Jean

 

Porte-drapeaux :

BENYAHIA Hikmat

SPEGAGNE Dominique 

 

Recherche

Musique

23 décembre 2016 5 23 /12 /décembre /2016 18:02

L’enseignement de l’Histoire est l’objet de bien de commentaires. C’est la preuve de l’attachement des Français à leur passé et de leur sentiment qu’elle est une source d’inspiration pour relever les défis auxquels la France est confrontée aujourd’hui.

LETTRE ASAF 16/12 de décembre 2016 : Notre Histoire, un héritage capital pour la France.

L’enseignement de l’Histoire est l’objet de bien de commentaires. C’est la preuve de l’attachement des Français à leur passé et de leur sentiment qu’elle est une source d’inspiration pour relever les défis auxquels la France est confrontée aujourd’hui.

 

L’Histoire et les Français : 14-18, une leçon de confiance.
 

En diffusant aujourd’hui son cinquième numéro hors-série, consacré cette année à la Grande Guerre, l’ASAF participe au devoir de Mémoire. Cette publication de 200 pages, regroupant une quarantaine de textes et plus de 250 photos, vise en priorité à sensibiliser les Français les plus jeunes à leur Histoire mais aussi à mieux faire connaître l’histoire militaire dont certains aspects sont trop souvent occultés ou déformés.

L’ASAF souhaite à cette occasion que nos concitoyens prennent davantage conscience de l’extraordinaire mobilisation de toutes les forces dont notre pays a été capable pendant 52 mois, malgré les pertes et destructions considérables qu’il a supportées. Elle veut montrer comment notre armée a su s’adapter, en permanence, aux évolutions de la guerre au point de devenir, en 1918, l’armée la plus moderne et la plus puissante du monde avec plus de 3 000 chars et autant d’avions.

L’unité nationale - l’Union sacrée - et la capacité d’adaptation de la Nation furent les conditions fondamentales de la victoire. Elles le sont tout autant aujourd’hui pour espérer vaincre le totalitarisme islamique, notre nouvel ennemi, même s’il semble bien différent de celui d’hier. En effet, n’est-ce pas une mobilisation dans tous les champs de la politique et de l’ensemble des ressources qu’il faut décider et organiser pour reprendre l’initiative, éradiquer le terroriste d’aujourd’hui - celui qui tue comme celui qui soutient le tueur - et tarir la source dont il est issu ? L’Histoire nous rappelle que rien n’est impossible à notre pays quand les Français sont rassemblés. Encore faut-il que le but soit clairement identifié, expliqué, compris et partagé et que la détermination des chefs soit sans faille.

 

L’Histoire et le soldat : une exigence dans les opérations extérieures.
 

Le soldat envoyé aujourd’hui en opération extérieure ne peut pas ignorer la géographie des zones dans lesquelles il est engagé que ce soit sur le vaste continent africain ou au Levant, ainsi que l’histoire centenaire de la France et de ses soldats dans ces régions.

C’est pour lui un devoir et une nécessité s’il veut intégrer efficacement la mission qui lui est donnée dans le « cadre espace-temps » des régions où s’affrontent des peuples, souvent depuis des lustres, et parfois pour des causes analogues à celles d’hier. L’action militaire sera d’autant plus efficace qu’elle s’appuiera sur une bonne compréhension de la mentalité des populations, de leurs cultures et de leurs aspirations. Nous sommes bien loin du seul « cœur de métier » dans lequel certains voudraient cantonner les militaires, puisque de toute évidence les engagements opérationnels exigent d’eux une connaissance approfondie de l’environnement historique et géographique dans lequel ils évoluent. D’ailleurs, les peuples auprès desquels nous agissons ne s’y trompent pas. Ils nous sont généralement attachés et préfèrent les soldats français à ceux d’autres nations, car ils ont le sentiment qu’ils les comprennent mieux, d’autant qu’ils partagent souvent avec eux une histoire, une langue et des références culturelles communes.

 

L’Histoire et la France : un facteur d’identité et d’unité nationales.
 

L’Histoire de notre pays est longue et riche, mais n’est pas une suite ininterrompue de succès. Nos armées furent aussi vaincues et parfois cruellement, mais cette Histoire est l’histoire de notre peuple, de notre Nation. Nous devons l’assumer. Il ne nous appartient donc pas de juger le passé, telle action ou décision, surtout avec le regard et selon les critères d’aujourd’hui, mais plutôt de chercher à connaître les faits et à comprendre pourquoi telle décision a été prise, telle action a été conduite, telle politique a été menée.

Cette très longue Histoire constitue un héritage commun à partager et à s’approprier, mais aussi à enrichir et à transmettre. Elle est à la source de notre identité profonde et constitue un facteur d’unité sous réserve qu’elle ne soit pas instrumentalisée ou détournée. Car si tout ne fut pas glorieux dans cette Histoire, comme d’ailleurs dans la vie de tout homme, combien de personnages remarquables par leur courage, leur savoir, leur talent, leur générosité, leur vision, leur caractère nous sont offerts en exemple ! Ils sont source d’inspiration. Au moment où l’on s’interroge sur les raisons pour lesquelles des jeunes basculent dans le terrorisme, ne serait-il pas temps de proposer, non des modèles mais des références autres que des personnalités très médiatisées qui ne brillent que par leur fortune ?

Nombre de personnages historiques français et notamment des soldats ont suscité des vocations. Les ignorer aujourd’hui, c’est les oublier demain et les faire disparaître à jamais au moment où la jeunesse est en quête de repères et de valeurs.

Au contraire, mis en avant dans notre enseignement et par des productions audiovisuelles, ils pourraient contribuer activement à rassembler les Français par la fierté qu’ils éprouveraient et le besoin profond qu’ils ressentiraient de dépasser leurs intérêts immédiats pour servir la communauté nationale à laquelle l’Histoire nous rappelle que nous devons notre bien le plus cher : notre liberté.
 

 

 

LA RÉDACTION
www.asafrance.fr

Partager cet article
Repost0
2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 20:17

 

Evolution

En 1980, la France dépensait pour sa défense près de 3 % de son PIB. Aujourd’hui, elle en consacre moins de 1,5 %. A-t-elle réduit ses ambitions ? La situation sécuritaire s’est-elle améliorée ? La dette a-t-elle diminué ? Non ! Ce choix est-il raisonnable ? Non !

 

Depuis 35 ans, alors que les menaces n’ont cessé de se diversifier et de se multiplier au point que la guerre débarque aujourd’hui dans notre pays, la classe politique n’a cessé d’amputer les ressources financières destinées à préparer et équiper nos armées, à les maintenir opérationnelles et à les engager pour défendre la vie des Français et nos intérêts stratégiques. Les mesures prises récemment visent seulement à stabiliser le budget à un niveau très insuffisant et les premières propositions des « candidats à la candidature » à la fonction de chef des Armées, ne prennent pas sérieusement en compte la situation internationale et l’état actuel de nos forces.

 

Alors que se bousculent les candidats, il est de notre devoir d’évaluer la cohérence entre leurs « projets pour la France » - quand ils existent - et les ressources qu’ils prévoient de consacrer à la Défense.

 

 

 

La France puissance

 

La France est encore la 5e puissance économique, qui, avec 1% de la population de la planète, produit 4 % des richesses de celle-ci (PIB de 2 100 milliards €). Elle est riche d’une Histoire de plus de 15 siècles ; elle a conservé une vision et une influence mondiales; elle dispose aujourd’hui de la 2e plus grande zone économique exclusive (ZEE). Elle est le pays européen le plus étendu tout en étant présente sur les trois grands océans. Elle est l’une des grandes puissances spatiales et nucléaires, et occupe encore le 2e rang européen sur le plan économique et démographique.

 

Outre la protection de sa population et le maintien de son intégrité territoriale qu’elle doit assurer, cette longue histoire combinée à sa puissance donne à la France un rang qui lui impose des responsabilités mondiales : ONU, OTAN, UE, accords de Défense …

 

 

 

Des capacités qui ne cessent de décliner

 

La France est l’héritière d’une longue tradition militaire - «la France fut faite à coups d’épée»(Charles de Gaulle). Grâce à un effort moyen de 5 % du PIB durant les années 60, elle s’est dotée de capacités militaires diversifiées et complémentaires en s’appuyant sur une industrie d’armement puissante qui a su développer des technologies de pointe aux fortes retombées civiles. Comment conserver avec le budget d’aujourd’hui une armée assez puissante ? Comment disposer de la palette des moyens nécessaires pour faire face aux conflits dans lesquels nous nous engageons ? Certains équipements pourtant indispensables au succès des opérations, même de faible ampleur, ont disparu ; de nombreux matériels ont plus de 50 ans d’âge et leurs remplaçants sont en nombre très insuffisant tels les avions ravitailleurs et certains hélicoptères. Ainsi, lors de l’opération Serval, près de75% des avions ravitailleurs étaient étrangers …

 

 

 

Des exigences non satisfaites

 

Comment parler aujourd’hui d’autonomie stratégique quand nous sollicitons les avions gros porteurs ukrainiens pour soutenir nos opérations, quand nous ne pouvons déployer que 15 hélicoptères et 3 500 hommes pour contrôler les 5 millions de km2 de la bande sahélo-saharienne et quand nous ne pouvons pas contrôler seuls la chaîne de transmission des images fournies par les drones américains Reaper que nous venons d’acquérir ? La liste serait longue ! Peut-on assurer la surveillance maritime des 11 millions de km2 de notre ZEE avec quelques frégates ? Est-il acceptable de combattre dans le désert avec des conditions climatiques très éprouvantes dans des véhicules dont certains ont deux fois l’âge de leurs conducteurs ? Notre pays doit faire d’urgence un puissant effort financier et à un rythme soutenu pour redresser une situation qui ne cesse de se dégrader. L’indépendance stratégique impose d’accroître le format global de nos forces devenues «échantillonnaires», de développer un système de réserve de bonne valeur opérationnelle, de combler les lacunes en matériels, de remplacer rapidement les matériels vétustes, de garantir à toutes nos unités un entraînement correspondant à un haut niveau opérationnel tout en assurant le développement et l’expérimentation des matériels et des tactiques de demain.

 

 

 

Alors, quelle part du PIB ?

Si l’on maintient son niveau actuel de 1,5%, les armées continueront à se dégrader de manière accélérée compte tenu des engagements en cours.

 

Si l’on vise 2 % dans 5 ans, il faudra abandonner des pans supplémentaires de nos capacités.Avec 2,5 %, nous maintiendrons la situation au niveau actuel avec des lacunes inacceptables.C’est avec 3% que nous retrouverons enfin une armée cohérente, équipée, entraînée et aux effectifs suffisants renforcés par une réserve réellement opérationnelle. Il faut décider vite.

 

 

 

 

En conclusion

 

Refuser de viser 3 % pour la Défense sur 10 ans, c’est renoncer à donner à notre pays les moyens militaires indispensables pour garantir son indépendance stratégique, mais aussi la défense de son territoire et de sa population dans les années à venir.

 

Cela signifie qu’il faut exiger des candidats qu’ils formulent clairement leur projet et leur ambition pour la France et qu’ils définissent sans ambiguïtés leurs priorités en privilégiant les intérêts supérieurs du pays et le long terme plutôt que les intérêts catégoriels et de court terme.

 

« Ce qui caractérise la démence, c’est la disproportion entre les vues et les moyens» disait Napoléon Bonaparte.

 

 

 

 

La REDACTION de l'ASAF
www.asafrance.fr

 

 

 

 

Comparaisons -
L'Allemagne consacre à sa défense une somme équivalente à celle de la France (32 milliards €/an) alors qu’elle ne dispose pas de force de dissuasion, ni de marine océanique, et qu’elle n’est pas engagée autant que notre pays dans des opérations extérieures.
La Grande-Bretagne, qui consacre pourtant 2% de son PIB, qui est équivalent au nôtre, (contre 1,5% pour la France), accepte d’être dépendante stratégiquement des États-Unis.

 

 

Partager cet article
Repost0
2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 08:20

Posté le jeudi 29 septembre 2016

L’ex-chef d’état-major particulier de Sarkozy puis de Hollande revient sur sa relation avec les deux présidents.

« On n’a pas le droit de mentir. Le politique sait accepter la vérité » : c’est peu dire que le témoignage du général Benoît Puga était attendu. Chef de l’état-major particulier (CEMP) de Nicolas Sarkozy, à partir de mars 2010 puis de François Hollande - qui l’a prolongé à deux reprises à son poste -, jusqu’en juillet dernier, ce légionnaire de 63 ans bardé de décorations s’était astreint à un silence médiatique total durant ces années à l’Élysée. Lors d’un dîner organisé mardi par l’Institut français de relations internationales (Ifri), celui qui est, depuis le 1er septembre, grand chancelier de la Légion d’honneur, est revenu sur sa vie militaire - 43 ans sous l’uniforme- et levé un coin de voile sur sa relation de confiance avec deux présidents de la République, fort dissemblables.

« En arrivant, Nicolas Sarkozy connaissait l’Intérieur mais pas les armées. En même temps, dire qu’un président est novice est à la fois vrai et faux : à ce niveau, on a forcément une compréhension globale », souligne le général Puga. « Hollande, lui, a fait son service militaire comme chef de section d’un régiment de génie, alors qu’il aurait pu y échapper. Il sait ce qu’est le service national, d’où son intérêt notamment pour le service civique », ajoute-t-il. Vis-à-vis du président de la République, le général d’armée, invoque un « devoir de vérité » de la part des chefs militaires. « Il faut lui expliquer les limites et les conséquences de telle ou telle décision. Et avoir le courage de lui dire : avec les moyens dont on dispose, voici les objectifs que l’on peut atteindre. » Il insiste sur l’« équilibre » - le mot revient souvent dans sa bouche - qu’il est nécessaire, selon lui, de faire valoir au « PR » : équilibre entre « ce que l’on veut et ce que l’on peut », entre l’expérience et la formation, entre « le nec plus ultra des équipements » et ceux qui sont plus adaptés aux besoins des armées…

Cette franchise est au cœur de la relation entre le chef de l’État et son plus proche collaborateur militaire. De cette façon, « d’emblée, le président a accroché », relève-t-il, sans distinguer l’un ou l’autre de ceux qu’il a servis. « Le président de la République n’est pas dupe. Le combat n’est pas une science exacte. Parfois, il a fallu lui dire : on a foiré… » Le général Puga insiste sur la qualité des armées françaises. « Après 43 ans, je peux dire en me regardant dans la glace qu’elles sont crédibles et efficaces, sans doute les mieux formées au monde », estime l’ancien patron du 2e régiment étranger parachutiste (REP), avec lequel il a « sauté sur Kolwezi », en 1978. « J’ai eu la chance d’occuper les postes les plus intéressants du métier militaire, parce que liés à l’opérationnel », glisse-t-il.

Autonomie d’appréciation

En mai 2012, huit jours après son investiture, François Hollande s’envole pour Washington et le sommet de l’Otan à Chicago. Le général Puga a préparé les dossiers. « Tout de suite, le président Hollande à vu dans les yeux d’Obama l’image de crédibilité dont bénéficient les armées françaises », se remémore-t-il. « Les Américains, avec qui j’ai conduit des opérations pendant près de quarante ans, savent que nous sommes un allié fiable, à la mesure de notre taille et de nos moyens. » Un « allié fiable », mais doté aussi d’une autonomie d’appréciation. En 2003, il est alors chef du centre de planification et de conduite des opérations (CPCO), en pleine crise irakienne. Il raconte : « Les Américains nous disaient : à tel endroit, il y a des armes de destruction massives. Nous répondions : nous avons pu vérifier, il n’y a rien. » La France aurait eu la capacité militaire de s’engager en Irak. « Mais si nous étions intervenus, estime-t-il, nous serions aujourd’hui “séchés”, comme l’est l’armée britannique, qui en aura encore pour trois ou quatre ans à s’en remettre ». Et pendant ce temps-là, en Afrique, « c’est nous qui évacuions les ressortissants des pays de l’Otan », rappelle-t-il.

Parce qu’il « faisait confiance », Nicolas Sarkozy « n’entrait pas dans les détails ». Lors de la crise en Côte d’Ivoire, en 2010, le général travaille « main dans la main » avec Jean-David Lévitte, le conseiller diplomatique de l’Élysée. « C’était un régal, confirme Lévitte, également présent à ce dîner. Nous avions la liberté de tricoter tous les scénarios, que nous soumettions ensuite au président. »

Le syndrome de Srebrenica - la crainte de voir l’inaction déboucher sur un massacre - a pu jouer lors des interventions en Libye, (où « la post-crise a été ratée », admet-il), au Mali ou encore en Centrafrique. En 2013, au Nord-Mali, lors de l’opération « Serval », les militaires français traquent les djihadistes dans l’Adrar des Ifoghas, vaste comme la Bretagne. « J’ai dit au président : nous allons tout fouiller à pied, et on l’a fait, relate-t-il. C’est la volonté humaine qui permet de l’emporter, comme Napoléon durant la campagne d’Italie… »

Alain BARLUET

Source : Le Figaro

Partager cet article
Repost0
21 mai 2016 6 21 /05 /mai /2016 14:54

17 Mai 2016 à 10h58 l'Opinion

Un numéro spécial de Képi blanc sur la Légion au combat

Au cours des 40 dernières années, pas moins de 60 légionnaires sont morts pour la France dans diverses opérations extérieures. C’est ce que l’on apprend à la lecture d’un numéro hors série de Képi blanc, le mensuel de la Légion étrangère.

En 80 pages, KB revient sur toutes les opérations dans lesquelles la Légion a été engagée : c’est un abrégé de l’histoire militaire de la France depuis 1976. La liste est fort longue et si les grands moments sont dans toutes les mémoires - que l’on songe à Kolwezi - d’autres sont un peu tombées dans l’oubli, comme Diapason, une mission d’évacuation de ressortissants au Yémen en 1994.

Ces quatre dernières décennies s’ouvrent avec l’affaire de Loyada, une attaque terroriste à Djibouti en 1976 - et elle s’achève avec Sentinelle. Le nombre de pays où la Légion a été engagée est impressionnant : Mali, Cote d’Ivoire, Tchad, Centrafrique, Rwanda, Djibouti, Somalie, Comores, Gabon, Congo, Zaïre, Liban, Irak, Koweit, Cambodge, Yémen, Afghanistan, Indonésie, Jordanie, Bosnie, Macédoine, Kosovo et Haïti. 23 au total !

Partager cet article
Repost0
16 mai 2016 1 16 /05 /mai /2016 17:02

 

Après un sénateur de la majorité qui demandait hier au chef d’état-major des Armées de faire taire les militaires à la retraite, c’est cette fois-ci un ancien Premier ministre qui affirme, devant un parterre de jeunes étudiants et dans une expression digne de nos meilleurs comiques: « les militaire peuvent réfléchir mais il y a des limites à ne pas dépasser ».
Dans le même temps, mais en toute discrétion, le directeur de cabinet du ministre de la Défense envoie des lettres comminatoires à tous les officiers généraux dès lors qu’ils s’expriment sur des sujets d’actualité, en les rappelant à leur « devoir de réserve ».
 


L’armée n’a pas toujours été la « Grande Muette ».


Depuis quand les militaires d’active ne devraient-ils plus réfléchir et ne pourraient-ils plus s’exprimer librement, y compris devant les membres d’une commission composée de parlementaires ? Tout en se gardant, bien entendu, de dévoiler des informations secrètes et de remettre en cause la discipline dans l’exécution des missions qui leur sont confiées, devraient-ils cesser de faire connaître leurs réflexions sur les questions de Défense et de Sécurité qui sont au cœur de leur métier ?

 

Ils sont évidemment encouragés à s’exprimer par l’exemple d’illustres prédécesseurs : Lyautey, de Gaulle, Beaufre pour ne citer que les plus connus, car comme il a été rappelé récemment, l’armée n’a pas toujours été la « Grande Muette », mais elle l’est devenue.

 

Rappelons tout de même que les militaires qui s’expriment aujourd’hui sont d’abord des citoyens à part entière depuis que la République leur a accordé le droit de vote en 1945 et que, de plus, ils ont tous accepté le principe du sacrifice éventuel de leur vie au service de la France.

 

Dire la vérité.


Ce que certains leur reprochent aujourd’hui c’est d’exposer clairement des faits, d’analyser sans complaisance des situations anormales, de pointer des incohérences, de dénoncer des insuffisances voire des lacunes inacceptables, et de proposer des solutions souvent de bon sens, le tout de manière argumentée, sans langue de bois et sans esprit polémique.

 

Que des experts de haut rang, s’expriment sur les questions militaires dans un langage clair et en toute franchise en raison de l’urgence de certaines situations, suscite, il est vrai, l’attention et souvent l’admiration. Elle nourrit la confiance de la population envers ses militaires (exprimée à plus de 90% d’après les derniers sondages).



Les chefs d’état-major des armées sont régulièrement auditionnés par des membres de commissions parlementaires. D’autres, en situation de responsabilité, le sont au coup par coup. Il est pour eux inimaginable que leurs propos devant la représentation nationale ne soient pas complets et d’une totale franchise, que cela plaise ou non à l’auditoire. Il en va de la connaissance et de la compréhension des faits sans laquelle il ne peut y avoir de bonnes décisions. Si tel n’était pas le cas, l’exercice même de la démocratie en serait compromis car les élus sont, avant toute appartenance à un parti politique, les représentants du peuple et celui-ci a droit à la vérité. Aussi on ne comprend pas pourquoi le général Soubelet a été semble-t-il sanctionné par une mutation à la suite de ses propos devant la commission qui l’avait convoqué.

 

D’une façon plus générale, il est regrettable que les membres de la commission de la Défense de l’Assemblée nationale, par exemple, soient si peu nombreux à participer régulièrement aux auditions au cours desquelles les chefs d’état-major exposent les problèmes auxquels les armées sont confrontées. De même, trop peu de médias relaient leurs propos.
 


Le lien entre les Français et leur armée.


C’est pourquoi l’ASAF propose depuis plusieurs années que ces généraux qui conduisent les opérations en cours et préparent les forces armées pour les décennies à venir, puissent s’exprimer aux heures de grande écoute à la radio ou à la télévision, ou encore dans la presse écrite.


Nul doute que si les chefs militaires avaient cette possibilité et cette liberté, les Français s’intéresseraient davantage à leur armée, renforçant ainsi le lien armée-nation. Ils comprendraient mieux les raisons de nos engagements militaires et accepteraient d’autant plus les efforts financiers que la Nation doit consentir pour assurer sa Défense, préserver ses intérêts et garantir son indépendance.

 

L’adhésion et le soutien indéfectible de la Nation à son armée se construit sur la connaissance, la compréhension qui nourrit la confiance entre soldats et citoyens. L’Armée ne doit et ne peut plus être la « Grande Muette », sauf naturellement dans les seuls aspects véritablement secrets des opérations militaires.

 

Alors que des transformations rapides se produisent dans tous les domaines, pourquoi brider la réflexion et l’expression d’officiers sur des sujets d’intérêt militaire. Une telle sclérose imposée menace l’avenir de la défense de la France. En effet, qui, mieux que ces cadres y compris les plus jeunes, sont à même de combiner tradition et modernité, valeurs françaises et hautes technologies, nouvelle donne stratégique et tendances lourdes des peuples et des nations ?

 


A la suite des déclarations inacceptables de ce sénateur et de cet ancien Premier ministre, les prises de position de l’ASAF ont suscité d’innombrables réactions de soutien. Celles-ci ne peuvent que nous encourager à renforcer notre action en vue de continuer à informer en toute franchise et en toute liberté les décideurs et nos concitoyens sur les questions de Défense.

 

 

 

LA RÉDACTION

www.asafrance.fr

Partager cet article
Repost0
24 avril 2016 7 24 /04 /avril /2016 17:59

A l’heure où nous commémorons le centenaire de la bataille de Verdun et alors que notre pays est envahi par la morosité dans laquelle il semble se complaire, nous devrions nous interroger sur les ressorts qui ont permis à des hommes, appartenant à toutes les classes sociales, aux niveaux scolaires et culturels les plus variés et dont les vies antérieures allaient de la plus confortable à la plus rude, de tenir.

 

Si, dès les premiers des trois-cent-un jours de la bataille (du 21 février au 18 décembre 1916), la résistance fut aussi acharnée, c’est parce que les combattants acceptèrent, de tenir le terrain à tout prix (formule souvent utilisée dans les ordres du jour des chefs) sans aucune tentation de révolte et souvent dans les pires conditions. Pourquoi ? Parce que ces hommes défendaient leur territoire tout autant qu’ils obéissaient à leurs chefs. Chaque soldat défendait avec acharnement son morceau de créneau, sur parfois à peine plus d’un mètre de terrain, parce qu’il avait conscience que derrière lui se tenait le pays tout entier et, en son sein, sa mère, sa femme ou encore ses enfants. Son moteur ? La force morale ! Verdun fut avant tout le triomphe des forces morales.

 

 

A l’heure où nous commémorons le centenaire de la bataille de Verdun et alors que notre pays est envahi par la morosité dans laquelle il semble se complaire, nous devrions nous interroger sur les ressorts qui ont permis à des hommes, appartenant à toutes les classes sociales, aux niveaux scolaires et culturels les plus variés et dont les vies antérieures allaient de la plus confortable à la plus rude, de tenir.

 

Si, dès les premiers des trois-cent-un jours de la bataille (du 21 février au 18 décembre 1916), la résistance fut aussi acharnée, c’est parce que les combattants acceptèrent, de tenir le terrain à tout prix (formule souvent utilisée dans les ordres du jour des chefs) sans aucune tentation de révolte et souvent dans les pires conditions. Pourquoi ? Parce que ces hommes défendaient leur territoire tout autant qu’ils obéissaient à leurs chefs. Chaque soldat défendait avec acharnement son morceau de créneau, sur parfois à peine plus d’un mètre de terrain, parce qu’il avait conscience que derrière lui se tenait le pays tout entier et, en son sein, sa mère, sa femme ou encore ses enfants. Son moteur ? La force morale ! Verdun fut avant tout le triomphe des forces morales.

 

La victoire de Verdun montre ce que peut faire un peuple qui ne veut pas mourir. C’est précisément cette volonté que le peuple français d’aujourd’hui a perdue et qu’il doit retrouver. Depuis quatre ans, des sondages répétés montrent que les Français font preuve d’un immense pessimisme et, parmi eux, les jeunes plus encore que leurs aînés. Au sein de l’Union européenne, ils sont médaillés d’argent et seule l’Italie se montre encore moins confiante en l’avenir. Les Français n’éprouvent que peu d’attrait pour l’engagement collectif (associations, syndicats, partis politiques).

 

Tout cela pourrait apparaître comme une caractéristique bien française, une forme d’individualisme bien connue, bref, un péché véniel. Sauf que, comme ne cessent de nous le répéter nos responsables politiques, « nous sommes en guerre ». Or, la guerre est précisément la circonstance qui exige, de la part des habitants d’un pays attaqué, le sursaut moral le plus grand. Il n’y a pas d’événement supérieur à celui-ci en termes d’exigences ! De surcroît, ce sont précisément des jeunes qui ont constitué, le 13 novembre dernier, l’essentiel des cibles des terroristes qui ont frappé à Paris. Ce sont donc ces jeunes qui, en priorité, doivent trouver les forces morales permettant à notre pays de rester debout.

 

Pour ce faire, les jeunes Français peuvent prendre pour références ces autres jeunes du même âge, et qui pourraient être leurs frères et sœurs (qui le sont peut-être dans certains cas) et qui combattent sur terre, sur mer et dans les airs, au Sahel, dans le Golfe arabo-persique ou en Méditerranée orientale, en Irak et en Syrie, ou encore à tous ces soldats qu’ils croisent dans leur quotidien dans nos villes dans le cadre de l’opération Sentinelle. Ces soldats, comme leurs lointains parents de 1914 (oui, parents, car pas une seule famille française n’a pas eu au moins l’un de ses membres, proche ou lointain, mobilisé entre 1914 et 1918) n’ont pas seulement le sentiment d’avoir derrière eux des dunes de sable, des regs, des vagues soulevées par la houle ou des nuages plus ou moins menaçants, mais aussi leur maison, celle de leurs parents ou de leurs amis. En traquant les terroristes jusque dans leurs repaires, c’est le territoire national français qu’ils défendent.

 

D’ailleurs, un certain nombre de nos jeunes compatriotes ne s’y trompent pas puisque l’on n’a jamais autant enregistré de candidatures pour rejoindre les rangs de l’armée, de la police, de la Gendarmerie ou des sapeurs-pompiers. Mais cet élan, constitué d’individualités, vers un service au profit de notre pays n’aurait aucun sens s’il n’était accompagné d’une mobilisation politique au profit de notre Défense et des forces de sécurité.

 

Pour ce qui concerne les aspects strictement militaires, qui sont ceux qui, au premier chef, intéressent l’ASAF, il faut que la France retrouve son rang de puissance. Non seulement il faut cesser immédiatement la politique de réduction des moyens militaires, mais il faut rehausser singulièrement les budgets qui leur sont consacrés pour reforger un outil crédible, moderne, efficace, capable de gagner non seulement et ponctuellement des batailles, mais la guerre [1]. Cet accroissement des moyens doit s’accompagner d’une doctrine militaire adaptée à une nouvelle vision en matière de politique étrangère en direction du Moyen-Orient, de l’Afrique, mais aussi de l’Europe où nous ne pouvons durablement accepter que nos « partenaires » nous laissent bien souvent seuls pour faire le boulot quand bien même la menace les concerne aussi.

 

Nous devons aujourd’hui faire preuve de courage pour gagner la guerre qui est portée sur notre sol. Cependant, la valeur de notre outil militaire dépend, en très grande partie, du moral de la Nation car d’une part, dans notre démocratie, c’est elle-même qui règle notre organisation militaire et d’autre part, parce que nos soldats en émanent et que leur état d’esprit ne peut pas être très différent de celui de leurs concitoyens. Enfin, n’oublions jamais qu’en dernier ressort, et quelles que soient la quantité et la qualité des équipements militaires dont on dispose, c’est toujours avec son âme que l’on se bat.

 

 

LA REDACTION
www.asafrance.fr

 

 

[1] Lire l’excellent ouvrage que vient d’écrire le général (2S) Michel FORGET : Nos armées au temps de la Ve République (collection Economica) qui met en perspective notre effort de Défense actuel.

Partager cet article
Repost0
20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 19:56

Le chef de l’État ayant déclaré que « la France est en guerre », il lui faut maintenant la conduire. Il appartient au Premier ministre de définir la stratégie générale et de mettre en œuvre de manière cohérente celles des différents ministères pour vaincre. Pour cela, il faut agir non seulement contre les terroristes actifs et identifiés, mais aussi, et simultanément, sur les causes plus profondes qui nourrissent un ennemi potentiel susceptible de se développer.

 

Où en sommes-nous, alors que le Premier ministre vient de déclarer, il y a quelques jours, que nous serons l’objet d’autres attaques de masse et qu’au Maroc, récemment, un attentat à l’arme chimique aurait été déjoué ?

 

Désigner l’ennemi

Il faut le faire de manière claire et précise sans se cacher derrière des mots abscons.

Qui sont-ils ceux qui assassinent sur notre sol ? Nous le savons bien : ce sont les « fous de Dieu » nourris à la drogue de l’islam radical, comme l’étaient hier les idéologues imprégnés du nazisme et du communisme.

Leur mode d’action privilégié en France est pour l’instant le terrorisme sous la forme d’une violence massive, brutale et médiatisée.

Dans le monde arabo-musulman, elle prétend s’inspirer de la charia pour justifier la soumission des personnes, la conquête de territoires afin de disposer de ressources financières et constituer ainsi des bases qui permettront de porter la terreur dans notre pays.

Désigner l’ennemi, Daesh et autres groupes terroristes de la nébuleuse djihadiste, se révèle indispensable pour éviter les confusions, permettre de mobiliser les Français et pour définir les meilleures stratégies à mettre en œuvre, non seulement militaire, sécuritaire, judiciaire et diplomatique, mais aussi financière, éducative, médiatique, démographique et technique, coordonnées dans un temps qui sera long, et dans l’espace, selon des objectifs clairs. Rien ne serait pire que de laisser se développer, pour quelque raison que ce soit, des zones de non droit comme autour de Calais ou dans certains quartiers de grandes villes françaises, véritables zones de repli et refuges pour les terroristes comme l’est apparemment devenue la commune de Molenbeeck en Belgique.

 

Définir les buts de guerre

C’est répondre à la question : pourquoi faisons- nous la guerre ?

Il faut que tous les Français aient bien conscience de ce qui nous menace aujourd’hui et plus encore demain. Plutôt que de dénoncer les stigmatisations et amalgames, montrons les faits et expliquons les mécanismes terroristes.
Nous nous battons pour notre liberté, celle qui est constitutive de notre peuple. Il est composé d’hommes et de femmes libres qui entendent le demeurer, fût-ce au prix de leur vie, car la liberté est l’héritage le plus précieux que nous ayons reçu des générations précédentes.

Elles ont su nous le transmettre, au prix d’immenses sacrifices, ceux des poilus de Verdun comme ceux des combattants de Bir Hakeim, de Monte Cassino et de la Résistance.

 

Mobiliser et agir

Cette guerre concerne en priorité l’État et les institutions régaliennes, mais aussi tous les Français sans exception. Chacun a un rôle à jouer : enseignants, journalistes et chaque Français qui peut, par sa vigilance, son civisme et ses compétences, aider les forces de sécurité et parfois, très directement, sauver des vies. Face à un adversaire qui paraît insaisissable car il se fond dans la population, chaque citoyen doit se sentir concerné et agir en combattant afin de créer l’incertitude chez l’ennemi et aider à le démasquer avant qu’il ne tue.

Dans l’urgence, l’armée s’est déployée en renfort des forces de sécurité sur le territoire national, mais elle ne peut maintenir une telle posture dans la durée et dans des tâches de gardiennage sans réduire son entraînement, abaisser son niveau opérationnel et restreindre ses capacités d’action et d’intervention hors de la Métropole où elle mène simultanément le dur « combat de l’avant ».

En revanche, en appui des forces de sécurité, elle pourrait sans doute mener, avec des moyens spécialisés, des actions dynamiques dans certaines zones dont l’accès est parfois interdit par des bandes qui font régner leur loi et non celle de la République.

C’est aujourd’hui l’occasion d’éradiquer ces enclaves de non-droit obéissant aux lois claniques, d’y réimplanter l’État pour substituer aux trafics et pressions en tout genre une politique éducative et immobilière adaptée et une formation civique et professionnelle vigoureuse inculquant les valeurs de respect et de travail. Dans ce domaine, d’ailleurs, des anciens cadres de la Défense, de la police, de la gendarmerie et de la justice, entre autres, pourraient jouer un rôle actif.

La nouvelle guerre qui nous est imposée sera sans aucun doute longue et difficile. Elle ne peut toutefois nous surprendre puisque l’adversaire nous en a menacés depuis longtemps.

Elle ne doit pas non plus nous effrayer, mais elle exigera beaucoup de clairvoyance et de courage. Encore faut-il qu’au plus haut sommet de l’État on explique, on mobilise et on conduise cette guerre en y consacrant tous les moyens nécessaires.

Aussi, que l’on donne aux armées, instrument premier de la Défense et expression de l’unité nationale, les ressources indispensables à sa remontée en puissance. Il en va du succès de nos armes.

La confiance se nourrit de paroles mais aussi d’actions. Nous avons entendu des paroles guerrières, il faut maintenant passer aux actes et faire preuve de fermeté, de détermination et de foi en notre pays.

 


La REDACTION de l’ASAF

Partager cet article
Repost0
21 février 2016 7 21 /02 /février /2016 18:42

 

Les résultats d’un récent sondage de l’IFOP au profit de la DICOD [1] méritent d’être connus et médités en particulier par les responsables politiques:

  • 87% des Français ont une bonne opinion des armées françaises ;
  • 70% des Français, contre 23%, estiment qu’il faut moderniser les forces conventionnelles pour maintenir la crédibilité des armées ;
  • 52% des Français, contre 31%, estiment que le budget actuel de la Défense ne permet pas aux armées de remplir leurs missions de défense ;
  • enfin, 65 % des Français s’estiment mal informés sur les questions de Défense.

 

 

Une armée qui a la confiance des Français.

Peu d’institutions atteignent ce résultat. Si ce niveau de confiance est rassurant pour les armées qui peuvent compter sur le soutien massif de l’opinion, cela devrait conduire les dirigeants politiques à s’interroger sur les raisons qui suscitent une telle conviction de la part de l’opinion publique plutôt que de tenter vainement de faire taire les anciens militaires.

L’armée, en tant qu’institution, a la confiance des Français parce qu’elle cultive d’abord et au plus haut niveau le courage et le sens de l’engagement, c'est-à-dire des valeurs portées par des hommes et des femmes qui les vivent au quotidien en choisissant de servir leur pays au risque de leur vie. Mais le courage et l’engagement ne sont-ils pas des valeurs essentielles qui doivent nourrir une Nation qui veut être à la fois indépendante et rayonnante et ne devraient-elles pas être partagées par l’élite dirigeante audelà de la recherche des seuls succès électoraux ?

 

 

Des forces conventionnelles à moderniser.

Grâce aux explications d’experts ayant une bonne connaissance des questions militaires et relayées par Internet ou dans la presse par de trop rares journalistes, les Français savent maintenant que les matériels dont disposent les armées sont souvent anciens et que les plus modernes sont en nombre insuffisant.

Ils comprennent que, si la dissuasion nucléaire demeure nécessaire, elle n’est pas suffisante et que, si les forces conventionnelles contribuent elles aussi à la dissuasion, ce sont elles qui se battent sur le terrain et dans les airs en Afrique et au Moyen - Orient. Or on sait que le succès ou l’échec au combat dépend pour une large part, de la qualité et de la disponibilité des équipements.

La simple lecture des rapports établis par les parlementaires, en particulier sur le maintien en condition et la logistique en opération, et celle des auditions des chefs militaires par les commissions de la Défense du Sénat et de l’Assemblée nationale suffisent à se rendre compte des effets désastreux générés par les reports et les glissements de programmes d’armement décidés et validés tant par les gouvernements que par les élus qui se sont succédé depuis des année

D’ailleurs, on peut s’interroger sur leurs répercussions pour la sécurité des hommes et des femmes engagés dans ces combats. Ce sont en effet ces petites lâchetés politiques qu’ils paient au prix du sang et parfois de leur vie. Les Français demandent donc, à juste titre, que l’on équipe correctement et tout de suite leurs soldats.

 

 

Un budget de la Défense insuffisant.

Les opérations que notre pays mène en France, au Moyen-Orient et dans le Sahel, pour ne citer que les plus importantes, imposent une remontée rapide de l’effort de Défense français à 2,5% du PIB (hors pensions), c'est-à-dire au niveau où il était en 1991 à la fin de la guerre froide. Cet effort doit être fait au plus vite et en tout cas avant 2025 tant l’état de notre armée se dégrade et ce malgré les quelques mesures de sauvegarde annoncées par le président de la République lors de ses vœux aux armées. C’est donc avec un accroissement annuel de 0,1% du PIB, soit environ 2 Mds €, qu’il faut remonter le budget afin d’atteindre 50 Mds € en 2025. On en est loin, mais sans cet effort continu, l’armée ne pourra plus faire face à ses responsabilités ni remplir les missions qui ne manqueront pas de lui être confiées à l’avenir. D’ailleurs 48% (52% de jeunes) des Français, contre 32%, répondent aujourd’hui « non » à la question : « Avez-vous le sentiment que la sécurité de la France sera bien assurée dans les dix années à venir » ?

 

 

Une information insuffisante sur les questions de Défense.

Les deux tiers des Français se déclarent mal informés. C’est considérable et dangereux alors que le pays est en guerre et que la Nation doit se mobiliser. Dans ces conditions, pourquoi ne pas faciliter l’accès des chefs d’état-major et de certains chefs militaires aux grands médias notamment du service public, à des heures de grande écoute, pour parler des opérations extérieures et sur le territoire national ?

Qui mieux qu’eux peut expliquer les missions confiées aux 35 000 soldats, marins et aviateurs déployés à travers le monde ? De même, au regard des films anglo-saxons, on peut se demander pourquoi le ministère de la Défense n’encourage pas davantage des productions cinématographiques françaises sur les armées. La DICOD ne devrait-elle pas se recentrer davantage sur la communication des armées, plutôt que sur celle du m

Partager cet article
Repost0
17 janvier 2016 7 17 /01 /janvier /2016 18:22

Au cours de l’année qui vient de s’ouvrir, sera commémorée, dans le cadre du cycle du centenaire de la Grande Guerre, la bataille de Verdun.

Verdun, ce ne fut pas seulement l’une des phases les plus aiguës de ce conflit et une bataille titanesque qui, si elle avait été perdue, aurait sans doute scellé l’issue de la guerre au profit de l’ennemi, ce fut aussi la confirmation du pacte conclu entre la Nation et son armée, 124 ans plus tôt, le 20 septembre 1792, sur le plateau de Valmy, au cours d’une autre bataille qui servit de fonts baptismaux à la République proclamée le lendemain. ...

Verdun : la France invincible


Au cours de l’année qui vient de s’ouvrir, sera commémorée, dans le cadre du cycle du centenaire de la Grande Guerre, la bataille de Verdun.

Verdun, ce ne fut pas seulement l’une des phases les plus aiguës de ce conflit et une bataille titanesque qui, si elle avait été perdue, aurait sans doute scellé l’issue de la guerre au profit de l’ennemi, ce fut aussi la confirmation du pacte conclu entre la Nation et son armée, 124 ans plus tôt, le 20 septembre 1792, sur le plateau de Valmy, au cours d’une autre bataille qui servit de fonts baptismaux à la République proclamée le lendemain.

Comme à Valmy, l’armée de la Nation fut capable d’un sursaut héroïque devant une attaque allemande qui prétendait la saigner à blanc ; ce fut une réussite stratégique et psychologique rendue possible grâce à la bravoure individuelle du combattant de première ligne et de son sacrifice.

Du 21 février 1916, jour du déclenchement de la bataille, jusqu’au 21 décembre, c'est-à-dire pendant 300 jours et 300 nuits, toute la Nation garda le regard tourné vers les côtes de Meuse où, face à un péril mortel et sur un secteur restreint de vingt kilomètres carrés, se jouait son destin. Verdun est demeuré, jusqu’à nos jours, un symbole, parce qu’il s’est agi d’une bataille où les Français affrontèrent seuls l’ennemi sur un terrain ravagé par plus de cinquante millions d’obus.

Commémorer sans instrumentaliser

Il est à souhaiter que les commémorations de cette année soient à la hauteur de la dette que nous avons envers les poilus qui furent nos grands-pères ou arrière-grands-pères et que les médias ne se mettent pas au régime du service minimum comme ce fut le cas le 11 novembre dernier où seule une chaîne publique présenta un téléfilm en rapport avec le sujet et intitulé….Les fusillés ! Oui, comme ce fut déjà le cas en 2014, lors du lancement du cycle de commémorations, on constate donc que les grands médias nationaux ne savent pas aborder le thème de la Grande Guerre autrement qu’à travers le dossier des fusillés. Cela en dit long sur l’application du « devoir de mémoire » dans notre pays.

Faisons des vœux pour que cette mémoire ne continue pas à être instrumentalisée par quelques « historiens » autoproclamés derrière lesquels se cachent, en réalité, des tenants d’une certaine idéologie et qui considèrent que si, pendant la Grande Guerre, un innocent a été fusillé, alors tous les fusillés étaient innocents, ou encore qu’une victime lâchement assassinée en 1944 était obligatoirement un héros...

Leçons pour aujourd’hui

Les commémorations n’ont de sens que si, outre le fait de rendre hommage à des personnages particulièrement méritants au regard des services éminents qu’ils ont rendus à notre pays, elles sont porteuses d’enseignements pour les temps présents. Ainsi, commémorer la bataille de Verdun au moment où notre pays, attaqué en son cœur il y a quelques semaines, est entré dans une guerre longue et difficile, revêt une acuité particulière.

En effet, Verdun nous livre trois leçons pour aujourd’hui :

- pour gagner une bataille, l’union (qualifiée de sacrée en 1914) de tous les citoyens autour de ceux qui mènent le combat (les poilus hier, les forces de sécurité intérieures et les militaires aujourd’hui) est un impératif vital ;

- un effort économique et financier doit être consenti pour donner à ceux qui luttent les moyens de mener efficacement leur combat même si cela est au détriment du reste;

- dans une guerre, le choix de ses alliés ne doit souffrir aucune ambiguïté et les alliances conclues doivent reposer sur des objectifs et impératifs communs.

Foin des discours sans fin sur les conditions économiques et sociales qui expliqueraient la génération de terroristes sur notre territoire ou sur les limites que la démocratie imposerait en matière juridique et judiciaire quant à la prise de mesures permettant d’anticiper leur passage à l’acte. Assez de circonvolutions pour éviter de nommer l’ennemi : à Verdun, c’était, pour les poilus, le « Boche », aujourd’hui pour nous tous, c’est le terroriste islamiste y compris celui qui vit et prospère dans nos banlieues.

Donnons-nous tous les moyens nous permettant de reprendre avec confiance les formules de Verdun : On les aura ! Ils ne passeront pas !

La REDACTION de l’ASAF

Partager cet article
Repost0
26 décembre 2015 6 26 /12 /décembre /2015 11:18

ASAF

Posté le mardi 22 décembre 2015

Noël est la fête légionnaire par excellence. Très vite après sa création en 1831, la Légion étrangère adopta Noël. Elle le fit avec d’autant plus de facilité qu’elle était composée essentiellement d’hommes venus de toute l’Europe et pour qui, même lorsqu’on était un « paria », Noël constituait une fête traditionnelle, à défaut d’être religieuse.

Voici comment, à Fez, le 2e étranger fêtait Noël en 1912 : « La veillée de Noël se passait autour d’une crèche vivante, comme c’était alors la tradition. Les draps, les chèches, les ceintures bleues constituaient l’essentiel des déguisements de la sainte Famille et des bergers ; une poupée représentait l’enfant Jésus et parfois un bourricot ajoutait au réalisme du tableau. À minuit, les officiers venaient dans les chambres et la veillée commençait alors autour de la crèche avec ses chants, ses chœurs allemands, russes, espagnols. » Depuis lors, le déroulement de la fête a peu évolué.
Au cours de la Grande Guerre, une dimension supplémentaire fut ajoutée avec la réalisation de spectacles, de jeux ou de sketches. Peu à peu, les crèches vivantes laissèrent la place à des crèches confectionnées par les légionnaires. Après la guerre d’Algérie apparaîtra le concours de crèches avec attribution de prix par un jury.

La fête de l’enfance, la fête de la famille et celle de l’espérance

Si la Légion s’est appropriée Noël, si cette fête s’est inscrite rapidement et naturellement dans ses traditions, c’est parce que l’on retrouve des fondements religieux, historiques ou culturels, communs à la fois à Noël et à la Légion étrangère : la nativité n’est-elle pas en effet la fête de l’enfance, la fête de la famille et celle de l’espérance ?

Pour la tradition chrétienne, Noël marque la venue au monde d’un enfant, promis et attendu pour sauver les hommes et en qui les chrétiens voient Dieu incarné. Le nouveau-né, comme l’enfant, est donc naturellement placé au cœur de cette fête. Au sein de la Légion : même principe. Les légionnaires sont au cœur de la fête, surtout les plus jeunes et les nouveaux arrivants. Ce sont eux qui reçoivent les cadeaux, ce sont eux qui conçoivent et réalisent la crèche, ce sont eux, encore, qui montent les sketches. C’est pour eux que les cadres restent toute la nuit, si bien que durant ces festivités, il n’y a plus ni cadres, ni légionnaires, mais seulement des compagnons d’armes.

Le monde entier a retenu de Noël l’image de la sainte Famille. Noël, dans la tradition chrétienne, est devenu ainsi la fête de la famille. Cette fête de la famille a largement dépassé la chrétienté, puisque toute famille, de par le monde, a le souci de se réunir à cette occasion. La Légion se présentant comme un refuge et une famille d’accueil pour tous ses hommes venus du monde entier, il paraissait naturel qu’elle intégrât cette fête à son patrimoine. Le légionnaire a fui ou quitté un métier, une patrie, des amis, une fiancée, et seule la chaleur d’une famille peut remplacer un tel vide dans le cœur et l’esprit d’un homme, surtout la nuit de Noël.

Enfin, cet enfant, né d’une vierge, était annoncé et attendu comme le sauveur du peuple d’Israël ; il devait apporter le salut aux hommes de bonne volonté, il était donc un signe d’espérance. Là encore, ce symbole d’espérance a trouvé naturellement sa place au sein de la communauté légionnaire, car la plupart des candidats arrivent en situation d’échec professionnel, affectif ou psychologique ; ils viennent chercher, consciemment ou non, quelque chose d’autre, qu’ils ont souvent du mal à exprimer. La Légion, où ils s’engagent généreusement, incarne à leurs yeux une nouvelle chance, un rayon d’espoir, voire une espérance.

Noël dans le cœur des hommes de bonne volonté. Noël, au cœur de la Légion étrangère.

Général Bruno DARY

Ancien commandant de la Légion étrangère

Ancien Gouverneur militaire de Paris

Partager cet article
Repost0